Bouli maraicher de Djomga : La production hivernale au secours de la période de soudure

Ce samedi 6 octobre, une mission de supervision de l’UFC-Dori a visité le site maraicher de Djomga. Les objectifs de la sortie étaient de faire un état des lieux de la production hivernale, images a l’appui. Occasion également de s’entretenir avec les producteurs sur les conditions de travail autour du bouli. L’equipe composée de 5 personnes a été conduite par M. Privat BAYALA, Chargé de communication de l’UFC-Dori.


La saison des pluies ne rime pas avec production maraichère,  a-t-on l’habitude d’entendre. La saison des pluies rime avec chomage chez le maraichercultuteur, a-ton l’habitude d’entendre. Les producteurs du bouli maraicher de Djomga ne le diront pas. Organisés en groupements, les producteurs ont en effet poursuivi leurs activités malgré les pluies qui freinent la maraicherculture dans d’autres d'endroits. Ils reconnaissent devoir cette prouesse aux techniques et aux semences que l’UFC met en leur disposition. Parmi les spéculations produites, on compte surtout l’aubergine, le gombo, le poivron vert, des feuilles. Le choix de ces légumes est, selon les mots de …. Du à leurs caractéristiques. Ce sont des plantes à tige, elles résistent donc mieux à l’eau. En plus, leur maturation qui est plus rapide s’étale sur un temps assez long. Ce qui est rentable pour les cultivateurs et surtout moins contraignants sur le plan de la charge de travail. Aussi, des pépinières de salades sont en terre, et les planches fin prêtes. Le repiquage prévu pour bientôt sert à alimenter les marchés locaux en laitue, nous a confirmé un des producteurs. L’équipe de l’UFC a pu constater, à son grand émerveillement le travail que ce groupement a réalisé. Selon Mireille Bationo, de l’UFC-Dori, « c’est ma première fois de voir cela. Réussir toutes ces cultures dans cette partie aride du pays ! » Lors des échanges avec les visiteurs du jour, les producteurs du bouli maraicher de Djomga ont cependant noté leur inquiétude quant à l’ensablement progressif de leur marre.


Des revenus moyens, mais salutaires !
A la question du chef de mission, M. Bayala sur les revenus générés par la production hivernale, les producteurs du bouli maraicher de Djomga reconnaissent avoir gagné de quoi faire face à la période de soudure. Certains ont pu s’acheter des vivres, du bétail et honorer les charges familiales. Toutefois, ils reconnaissent que d’autres n’ont pas réussi. « il y a des producteurs qui ont eu 50000, d’autres 40000 ou même 20000 F CFA ». Les producteurs affirment toutefois que la production peut être améliorée et les revenus rehaussés. Rendez-vous a donc été pris pour la fin d’année lorsque le site sera un oasis au cœur du Sahel.


    Hamidou OUEDRAOGO, Stagiaire en communication

Atelier régional de Djibo : Les leaders religieux, communautaires et les FDS se mobilisent pour l’amélioration de la sécurité et du vivre-ensemble au Sahel.

 

Les leaders religieux, communautaires et les forces de défense et de sécurité ont été réunis un atelier ce 28 juin dans la salle de conférence du PDES II à Djibo. A l’occasion de cette rencontre organisée par l’Union Fraternelle des Croyants de Dori, un panel a été animé autour du thème : « Nécessité et obligation pour les croyants à vivre et promouvoir la tolérance, le dialogue et le vivre-ensemble ».

Ce jeudi 28 juin, l’UFC-Dori a tenu un atelier régional sur la thématique : Foi et dialogue. Deuxième du genre, l’atelier a réuni soixantaine de religieux, coutumiers, forces de défense et de sécurité et d’organisations de la société civile de la région du Sahel dans la salle de conférence du PDES II de Djibo. Les différents acteurs ont réfléchi autour des questions relatives à la paix, la sécurité et le vivre-ensemble. À cet effet, Monseigneur Laurent Dabiré, évêque de Dori, le grand imam de Dori Cissé Mamoudou Yaya et l’émir de Djibo ont animé un panel sur la « Nécessité et obligation pour les croyants à vivre et promouvoir la tolérance, le dialogue et le vivre-ensemble »

Les travaux de la séance ont démarré avec les bénédictions du grand imam de Dori dans une atmosphère de courtoisie. Ce cadre d’échange et de réflexion a donné l’occasion aux différentes couches sociales et professionnelles représentées de participer aux échanges sur la sécurité et la paix de façon directe et franche. Les participants ont partagé des expériences, donné des pistes de solution tout au long des débats.

Les participants ont proposé des solutions

A la fin de la journée, il est ressorti des échanges la nécessité de maintenir le vivre-ensemble par le dialogue interreligieux, encourager les initiatives locales de dialogue et accorder une place plus importante à la femme dans la prévention et la résolution des crises. Les participants ont également appelé tous les acteurs sociaux à promouvoir l’éducation à la base comme moyen de prévention de l’extrémisme violent.

L’expérience de l’Emir, une leçon de vivre-ensemble dans le Soum

Moment de forte émotion, les propos de Sa Majesté, l’Emir de Djibo se résument à l’histoire de son enfance. Il a partagé quelques étapes de cette enfance avec les participants. « Lorsque tout petit, un catéchiste arrive à Djibo, c’est mon père alors Emir qui lui donne un lopin de terre pour installer sa chapelle. Le catéchiste avait l’habitude de venir dans le vestibule royal, et là il me prenait sur ses pieds. S’il n’y avait pas eu l’acceptation mutuelle, mon père n’aurait pas accepté que je m’asseye sur les pieds du catéchiste. Ce dernier aussi m’aurait repoussé. » Selon Sa majesté, c’est la preuve que des personnes de religions différentes peuvent s’accepter. « Ce prêtre avait même l’habitude de participer à des débats sur les questions religieuses avec l’imam et d’autres grands marabouts de Djibo sous le vestibule de mon père. Ils discutaient et parlaient de Dieu », a aussi relevé l’Emir. C’est une action qui montre que les gens peuvent dialoguer et parler de Dieu, a-t-il soutenu. « Je me rappelle de la sècheresse de 1973, il n’y avait que l’Etat et l’église qui ont apporté une aide aux populations. Le prêtre est alors venu voir mon père pour qu’ensemble les communautés religieuses s’impliquent dans la redistribution des vivres à tous sans distinction de religion », belle leçon de partage que l’hôte du jour a rappelé. « C’est grâce à un chrétien que je suis allé au lycée. Sinon, je serais ici avec un niveau plus bas», L’émir s’est attardé sur l’implication du catéchiste dans la poursuite de ses études. Alors qu’il était déscolarisé pour apprendre les rouages de la royauté, ce dernier intervient auprès de son père, puis lui trouve un établissement quoi que l’année fût déjà bien avancée.

Les autorités administratives ont marqué la rencontre de leur présence

Le Haut-commissaire de la province du Soum a répondu à l’invitation de l’UFC à présider la cérémonie d’ouverture de l’atelier de Djibo. Prenant la parole, il demandé une minute de silence pour le repos de tous ceux qui ont perdu la vie dans les attaques perpétrées au Burkina Faso. Il a également félicité l’initiative de l’UFC. « L’atelier vient  à point nommé au regard du contexte national, et particulièrement celui que traverse la Province du Soum, régulièrement confrontée à des attaques violentes qui occasionnent souvent des pertes en vie humaines », a-t-il indiqué. Il a assuré de son soutien cette action en faveur de la paix et du vivre-ensemble. Selon lui, la paix et la sécurité passent nécessairement par l’implication de toutes les composantes de la société.

Hamidou OUEDRAOGO
Stagiaire en communication / UFC-Dori

 

atelier djibo participants
 

 

Coopération civilo-militaire : l’UFC-Dori renforce la participation des civiles à la sécurité préventive dans le Sahel

Dori, chef-lieu de la région du Sahel a abrité ce samedi 29 septembre un atelier de réflexion entre les forces de défense et de sécurité et les CAC (comités d’action communautaires). Tenus au Centre pour la paix Dudal Jam, Les travaux ont porté sur la nécessité d’une franche collaboration entre FDS et populations locales. Les échanges ont permis d’évaluer le niveau de participation des populations à la stratégie du S4 (see something, say something) et de proposer des solutions en vue d’accroitre la contribution des civils à la sécurité préventive.

Ils sont venus des quatre coins de la région du sahel répondre à l’appel de l’UFC. Eux, ce sont les comités d’action communautaire communément appelés CAC et les FDS. En effet, ce samedi 29, le centre pour la paix dudal jam a reçu les populations de Djibo, Arbinda, Markoye, Seytenga, Gorom Gorom et Dori venues à la rencontre des hommes de tenue de leur région. Ce cadre de travail et de réflexion qui est à sa deuxième édition après celui de 2017 a rassemblé une cinquantaine de participants (policiers, gendarmes, militaires et civils) autour du thème : « la participation des populations locales sahéliennes à l’amélioration de la sécurité : état des lieux et perspectives ». A ce sujet, le coordonnateur de l’UFC, M. RAMDE a rappelé les actions mises en place depuis le dernier atelier et soutenu l’opportunité d’une telle activité.

La police a assuré la communication. Elle a fait ressortir l’amélioration des relations entre les services de police et les populations du Sahel. Le communicateur a surtout insisté sur la nécessité d’une implication plus accrue des populations locales par la veille et la dénonciation en cas de comportements suspects, tout en plaidant pour la continuité d’une telle initiative. Pour le modérateur, à la question  « Peut-on vraiment faire de la sécurité sans les populations ? », il a répondu par un non catégorique. Selon lui, les populations locales sont les mieux placées pour aider les FDS en termes de renseignements.  Il soutient également que la mise en place du S4 (See something, say something=voir quelque chose, dire quelque chose) de l’UFC a permis d’accroitre le niveau des appels sur les numéros verts de sécurité. Les échanges francs ont permis aux représentants des CAC de souligner les difficultés rencontrées dans la collaboration Civils-FDS et de réitérer leur engagement à œuvrer à la consolidation de celle-ci.

Dans une situation de recrudescence des attaques ciblées contre les agents des forces de défense et de sécurité mais aussi d’enlèvement et de meurtre de civils, l’équipe de Paul François RAMDE a réussi une fois de plus à créer une atmosphère de fraternité et d’union sacrée entre les filles et les fils du pays. La séance a pris fin par la distribution des fiches de numéro vert de sécurité aux différents participants.

Les civiles et les FDS travaillant main dans la main
Les membres des différents CAC et les FDS ont participé à des travaux de réflexion par groupes autour de la question « quelles propositions pour l’amélioration de la participation citoyenne à la sécurité pour la suite du processus ? ». Cette technique de travail a permis non seulement de rapprocher les deux camps, mais surtout de déboucher sur des solutions pratiques et concertées. Les participants ont exprimé leur satisfaction quant à la tenue de cet atelier qui est un soutien de taille à la lutte contre l’insécurité.

Les femmes prennent part à la lutte contre l’insécurité dans le Sahel.
« Cette insécurité naissante au sahel, nous ne pouvons pas la rayer si nous ne collaborons pas avec nos forces de défense et de sécurité. » ces mots d’une participante à l’atelier viennent rappeler l’importance pour les femmes de s’impliquer davantage dans la lutte contre l’insécurité. Elles sont dans cette partie du pays souvent sur le terrain et peuvent être parfois témoins d’actes suspects. Plus loin elle ajoute, « les femmes sont la majorité, si nous faisons de la rétention, les FDS ne pourront pas imaginer. Je demande donc à mes sœurs si elles remarquent quelque chose d’appeler le 1010… ». C’est aussi le point de vue du modérateur qui a souligné la fiabilité des informations provenant des femmes.

Hamidou OUEDRAOGO
Stagiaire en Communication

 

L’Eid à Dori :Moment de fraternisation entre les communautés religieuses

La fête du Ramadan a été célébrée ce vendredi 15 juin 2018. A l’occasion de la prière dirigée par Mamoudou CISSE, grand Imam de la mosquée de Dori, une délégation de l’Union fraternelle des croyants de Dori est venue soutenir la communauté musulmane.

La solidarité et la fraternité sont un facteur important dans la promotion du « vivre-ensemble ». Consciente de cette réalité, l’UFC-Dori s’est engagée depuis plusieurs années à partager, ensemble, les moments importants dans la vie de chaque communauté religieuse.

Ce vendredi de l’an 1439 du calendrier lunaire a vu des centaines de fidèles musulmans prendre d’assaut la place du Lycée provincial de Dori pour la grande prière marquant la fin du mois de Ramadan. A cette occasion, une délégation de l’UFC conduite par l’Abbé Albert Dabiré, Représentant de l’Evêque de Dori était présente pour assister la communauté musulmane en prière.

La visite de la communauté catholique, symbole d’un vivre-ensemble réussi

Après une visite au Grand Imam chez lui à domicile avant le début de la prière, l’Abbé Albert Dabiré et sa délégation ont chemin avec l’imam au lieu de la prière, pour selon lui, ne rien manquer de ce moment de spiritualité. Pour le Représentant de l’Evêque, c’est une occasion de communier avec les musulmans, et une façon de matérialiser la bonne coexistence dans cette région du pays. « Le vivre-ensemble est une réalité à Dori dans le sens où notre présence ici est déjà un signe, un symbole », a-t-il indiqué. Il a insisté également sur l’opportunité de partager ces évènements pour une meilleure découverte de l’autre : « en tant que frère et en tant qu’humain simplement ».

Bref rappel sur les valeurs du jour,

Dans son mot de bienvenue à ses hôtes, le grand Imam de Dori n’a pas oublié de rappeler les significations de ce jour important pour sa communauté. Selon lui, c’est une occasion de joie et de reconnaissance envers Dieu. C’est également : « un jour de pardon. Quel que soit ce qu’on a pu ressentir pour son prochain, il faut lui pardonner aujourd’hui. C’est aussi un jour de partage: ceux qui en ont ne doivent pas oublier les pauvres », selon ses propres mots.

« Toutes ces religions sont des religions de Dieu » !, Imam de Dori

Ces mots de l’Imam sont venus rappeler la nécessité de consolider l’entente entre toutes les croyances. Pour lui, « ce qui nous est recommandé c’est de faire un et de vivre ensemble. Chacun doit servir à son prochain la paix. Que notre joie soit partagée, que nos inquiétudes soient partagées. »  Il a mis à profit ce moment pour exprimer sa satisfaction quant à la visite de la communauté catholique et formuler des vœux de bonne continuation à leurs relations mutuelles.
 

Hamidou OUEDRAOGO
     Stagiaire en communication/ UFC-Dori

 

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 Abbé Albert DABIRE, Représentant de l'Evêque de Dori      Ramadan 2018, Visite de la communauté catholique à l'imam

Célébration de la fête de Tabaski à Dori : les fidèles ont prié pour le pardon et la paix

Ce jour 22 août 2018, les fidèles musulmans de Dori ont célébré la fête de l’Aïd El Kabir. En effet, des milliers de musulmans ont pris part à la grande prière qui s’est déroulée sur le terrain du Lycée provincial de Dori. La prière a été dirigée par Mamoudou CISSE, Imam de la grande mosquée de Dori. Une délégation de la communauté catholique conduite par Mgr Joachim OUEDRAOGO, Evêque de Koudougou, a assisté à ladite prière.

Dans la matinée de ce mercredi, les musulmans de Dori, vêtus pour la plupart de leurs beaux vêtements, comme le recommande la tradition musulmane, ont pris part à la traditionnelle prière de la fête de la Tabaski. Invocations, bénédictions et prêches suivi du sacrifice du mouton ont été les temps forts de de la prière ce jour béni pour les musulmans. Dans son sermon, le Grand Imam a rappelé l’origine de la Tabaski mais aussi certaines règles qui doivent guider la vie du musulman. En effet, la fête de l’Aïd El Kabir, communément appelée Tabaski, est un grand moment de souvenir et de reconnaissance à Allah pour ses bienfaits. Elle rappelle au souvenir de la force de la foi d’Ibrahim, le patriarche, symbolisée par l’épisode où a accepté de sacrifier son fils unique Ismaël sur l’ordre de Dieu. Enfin, elle couronne la pratique du 5ème pilier de l’Islam qu’est le pèlerinage à la Mecque.

Pour l’occasion, Mgr Joachim OUEDRAOGO, Evêque de Koudougou et ancien Evêque de Dori, et une délégation de la communauté catholique de Dori ont assisté à la prière aux côtés de leurs frères musulmans. Moment de grande émotion pour l’ancien Evêque de Dori qui ne l’a pas caché car, depuis son départ de Dori, il n’a plus eu l’occasion de prendre part aux différentes fêtes musulmanes dans son ancien diocèse. Ainsi, en communion avec son homologue de Dori Mgr Laurent DABIRE absent, a présenté ses vœux de bonne fête à la communauté musulmane. « C’est avec une grande joie que j’ai participé à cette prière qui commémore le sacrifice d’Isaac [Ismaël dans le Coran].
C’est l’occasion pour moi de dire à la communauté musulmane qu’elle aura toujours partout la communauté catholique à ses côtés pour qu’ensemble, la main dans la main, nous puissions travailler à construire une société de paix, de justice et d’amour ».  Ainsi pour sa part, le Grand Imam a exhorté les uns et autres à faire preuve de pardon et d’humilité afin que nous puissions construire un monde digne d’Allah.

Insécurité dans le sahel : l’UFC-Dori renforce les capacités des journalistes dans le traitement de l’information relative à l’extremisme violent

Dori, Chef-lieu de la region du Sahel a abrité le jeudi 02 août un atelier de formation des journalistes de la region du Sahel. Organisé par l’Union Fraternelle des Croyants de Dori (UFC-Dori), cet atelier a connu la particiption d’une trentaine de journalistes venus des différentes localités du Sahel pour échanger sur le traitement de l’information en situation d’insécurité et l’utilisation des réseaux sociaux. La cérémonie d’ouverture a été présidée par Renée NANA, Conseiller technique du Gouverneur de la region du Sahel.

Ce jeudi 02 août, l’Union Fraternelle des Croyants de Dori, en partenariat avec l’amabssade des Etats-unis au Burkina a organisé un atelier de formation des journalistes de la region du Sahel. Tenue au Centre pour la paix DUDAL JAM de Dori, elle a réuni les professionnels des medias autour de la thématique « Rôle des journalistes de la région du Sahel dans la prévention de la radicalisation et l’extrémisme violent ». L’objectif de cet atelier était de renforcer les capacités des journalistes de la région dans le traitement de l’information relative à la radicalisation et l’extrémisme violent afin de contribuer au renforcement de la résilience de l’opinion face à ces phénomènes.

Les échanges ont permis dans un premier temps, aux hommes et femmes de médias de nourrir une réflexion journalistique sur les règles d’éthique et de déontologie qui doivent guider le professionnel dans la collecte et le traitement de l’information relative au terrorisme. A ce niveau, Lamoussa ROBGO, l’un des formateurs ayant animé le module « Le traitement de l’information dans un contexte de radicalisation et d’extrémisme violent », a rappelé l’influence qu’exerce le journaliste, et la nécessité pour lui de donner des informations justes et vérifiées. Selon lui, l’information est au corps social ce qu’est l’eau pour le corps humain. Les participants ont dans un second temps développé avec le formateur Cheick Tiga SIWADOGO, journaliste à Lefaso.net, un module sur les opportunités et le comportement à adopter vis-à-vis des réseaux sociaux. Les deux formateurs ont adopté des méthodes différentes, mais toutes deux interactives et riches de partages d’expériences.

Le sentiment général qui se dégage des travaux est la richesse de la formation, selon les participants eux-mêmes. Les journalistes ont pu revisiter des terminologies telles que “éthique, déontologie, Djihad” qui créent souvent des équivoques dans leurs rangs. Ils ont aussi réappris à faire plus attention à ne pas tomber dans l’apologie des actes des groupes terroristes qui cherchent les moyens d’amplification de leurs messages.

L’atelier de formation des journalistes de la région du Sahel a pris fin avec une remise d’attestations. Les participants ont formulé le vœu à l’endroit de l’UFC-Dori et à son partenaire, l’Ambassade des Etats-Unis d’Ameriques de poursuivre cette initiative.

Des idées novatrices pour les journalistes du sahel

Au regard des conclusions de l’atelier, les journalistes ont souligné l’importance des réseaux sociaux dans les solutions à promouvoir dans l’optique de la prévention de la radicalisation et l’extrémisme violent. A cet effet, les hommes et les femmes de medias du Sahel ont proposé de se mettre en réseau pour se partager des informations et bénéficier de conseils mutuels. Ils ont également proposer un prix d’encouragement pour les journalistes dans le domaine de la promotion de la paix. Une Caravane des journalistes du Sahel est une idée qu’il faut aussi soutenir, d’après eux.

Les religieux aux cotés des journalistes

L’atelier de formation des journalistes du Sahel a vu la présence des responsables religieux de Dori. Chrétiens et musulmans ont tenu à marquer de leur présence la cérémonie d’ouverture de l’atelier. Ainsi au cours de la cérémonie d’ouverture, le Grand imam de Dori et le Vicaire Général du diocèse de Dori ont souligné la nécessité d’associer tous les acteurs à la lutte contre la radicalisation.

OUEDROAGO Hamidou
Stagiaire Communication à l’UFC-Dori

MESSAGE DE MONSEIGNEUR LAURENT BIRFUORE DABIRE AUX MUSULMANS POUR LE MOIS DE RAMADAN ET L’AÏD AL-FITR

Chers frères et sœurs musulmans,
Le début du mois du ramadan, fait revenir à la mémoire des fidèles catholiques, l’appel qu’ils ont entendu en mi-février lorsqu’ils commençaient le cheminement du carême pour se préparer à célébrer dignement la sainte fête de Pâques : « Le voici maintenant le moment favorable, le voici maintenant le jour du salut » (2 Co 6, 2).

Pendant ce mois, en effet, vous observerez de nombreuses pratiques religieuses et sociales, comme le jeûne, la prière, l’aumône, l’assistance aux pauvres et la visite aux membres de la famille et aux amis. Pour les trois religions monothéistes, ces pratiques aident à grandir dans l’amitié de Dieu et à devenir des acteurs de sa bienveillance à l’egard des plus vulnérables et des autres (Mt 6, 1-18)

L’Eglise catholique considère ainsi avec respect votre spiritualité du mois du ramadan et espère que les différents rites et gestes que vous accomplirez, manifesteront la miséricorde et la bonté de Dieu lui-même. Car seule cette bonté miséricordieuse de Dieu peut sauver l’homme et éloigner de son cœur et de sa communauté, la division, la violence et l’intolérance.

En ces longs mois où la situation sécuritaire est précaire dans notre région, elle espère en particulier que vos efforts contribueront à une plus grande paix dans le Sahel, au Burkina Faso et dans le monde entier.

La communauté catholique dans le diocèse de Dori s’unit à moi pour vous présenter ses souhaits d’un mois de ramadan très fructueux et d’une joyeuse fête de Aïd Al-Fitr. Je vous assure de notre communion profonde à chaque instant de votre élan de foi tout au long de ce mois.

Que Dieu, le Clément et le Miséricordieux, bénisse chaque musulman de notre région et de notre pays, et nous guide tous sur le chemin qui mène à lui.
Dori, le 15 mai 2018

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+ BIRFUORE DABIRE Laurent
Evêque de Dori

Cohésion sociale : Des jeunes sensibilisés à leur responsabilité à jouer

L’Union Fraternelle des Croyants de Dori a organisé le 30 juin dernier un atelier au profit d'une soixantaine de jeunes chrétiens et musulmans. Placé sous le thème : ''Rôle et place de la jeunesse des communautés religieuses dans la promotion de la paix sociale", cet atelier avait pour ambition d’inviter les jeunes à jouer pleinement leur rôle dans la construction de la paix au Burkina.

 

« Pour que les jeunes comprennent qu’ils sont la force vive, quand il faut casser c’est eux généralement qu’on enrôle, quand il faut gâter, c’est eux qui ont de l’énergie, (…), c’est toujours eux qu’on prend pour mettre devant. Mais malheureusement quand il faut tomber, c’est eux qui tombent. Je crois que cette manière d’utiliser les jeunes ne peut pas continuer. Ils ont de l’énergie, mais c’est pour nous aider à construire ensemble un monde meilleur. » C’est en effet ainsi que Mgr Paul OUEDRAOGO, Archevêque métropolitain de Bobo, a interpellé les jeunes chrétiens et musulmans venus de différentes localités du grand ouest du pays quant à leur place déterminante à jouer dans la construction de la paix au Burkina. Consciente que la jeunesse est l’avenir de chaque, l’UFC a voulu à travers cet atelier, deuxième du genre après celui tenu à Fada N’Gourma, inciter les jeunes des différentes confessions religieuses à promouvoir la tolérance, le dialogue et le vivre-ensemble. A la suite de l’archevêque, le Président de la communauté musulmane de l’Ouest, Mahama SANOU a invité les jeunes à toujours œuvrer pour la cohésion sociale. Pour sa part, le Représentant du Gouverneur de la région des Hauts-Bassins a félicité l’initiative et inviter les jeunes à prendre leur place et à jouer pleinement leur rôle dans la construction de la paix sociale au Burkina.

À l'issue de la cérémonie d'ouverture, un panel a été animé par l'abbé Bakari Jean Prosper SANOU et Abdoul Fatahou OUILY au titre de la communauté musulmane. Du panel, l'on peut retenir que l'islam et le christianisme prônent la paix et à ce titre les jeunes chrétiens et musulmans doivent être des artisans de paix. En effet, dans son développement, Abdoul OUILY, membre du Cercle d’Etude, de Recherche et de Formation Islamique (CERFI) a rappelé que l’Islam signifie « PAIX » et cela se traduit régulièrement dans les salutations musulmanes. Aussi a-t-il fait ressortir la contribution de l’Islam à la paix à travers l’observation par le musulman de règles comme : nourrir les pauvres, faire la zakat, faire les actes cultuels, protéger la vie d’autrui, respecter la différence de l’autre, etc. En somme, le musulman se doit d’être respectueux de la fraternité qui unit tous les hommes car venant tous de Adam et Eve. Pour sa part, l’abbé Prosper SANOU, responsable chargé du dialogue islamo-chrétien dans l’archidiocèse de Bobo, a beaucoup enrichi son propos avec sa propre vie. Issu d’une famille musulmane, il a été élève coranique, puis muezzin de la mosquée familiale avant de devenir prêtre en 1998. « Moi-même étant un don, un fruit pur de l’Islam, l’Islam qui donne à l’église catholique un fils, un prêtre. Je suis donc fier d’avoir bu l’Islam dans le lait maternel et j’ai un profond respect pour cette religion » a-t-il relevé au début de son intervention. A l’image de Jésus Christ, le panéliste a invité les jeunes à vivre la paix et à la donner car elle est un don de Dieu. Aussi, il a rappelé les religieux ont toujours joué un rôle important dans la consolidation de la paix au Burkina. Et il revient aux jeunes, avenir de la nation, de se mettre débout, comme un seul homme, à l’image du Christ, donner à chacun de ses concitoyens la paix. Et de conclure :« Dieu, il est Un. Et nous qui sommes à sa recherche, nous sommes nombreux et divers, différents. Nous marchons à sa suite sur des routes différentes. »

stage dudal jam bobo2Dans ce contexte marqué par la montée de la radicalisation et de l’extrémisme violent, il est important de rappeler aux jeunes les valeurs de tolérance, de respect mutuel, d’amour, etc. enseignées par les différentes religions.  « On peut tuer pour le pouvoir, on peut tuer pour l’argent mais on ne peut pas tuer pour Dieu. Dieu ne demande jamais de tuer (…). Dieu ne connait qu’une chose, que ses enfants s’aiment les uns les autres et construisent un monde où ils peuvent vivre ensemble en s’accueillant mutuellement et en se donnant la main pour construire ce monde là » a martelé Mgr Paul OUEDRAOGO.

 

 

Quantin Privat BAYALA
Chargé de communication