Symposium sur la sécurité : renforcer la coopération civilo-militaire pour mieux faire aux défis sécuritaires

Le Burkina Faso traverse une période d’insécurité grandissante, surtout dans sa partie. Ainsi, pour rechercher des réponses adéquates afin d’aider à faire face au phénomène d’extrémisme violent, l’Union Fraternelle des Croyants de Dori, en collaboration avec l’ambassade des Etats-Unis ont organisé un symposium sur la sécurité du 4 au 6 décembre 2017 à Ouahigouya. L’objectif essentiel de cette rencontre ayant réuni une cinquantaine d’acteurs civils et des forces de défense et de sécurité (FDS) était de mobiliser les acteurs de la société civile de la zone du Sahel à participer activement à l’avènement d’une plus grande confiance entre les communautés locales et les FDS et aussi participer à la mobilisation de ces communautés locales à mieux participer pour une plus grande sécurité au Nord du pays.

Bien longtemps au Burkina, les relations entre FDS et populations civiles n’ont pas toujours été chaleureuses du fait de plusieurs facteurs. Cependant, au regard du nouveau contexte marqué par le terrorisme et de l’extrémisme violent, la coopération civilo-militaire s’avère impérieuse, a souligné l’une des communicatrices, l’Honorable Député Marie Laurence ILBOUDO/MARCHAL, membre de la Commission Défense et Sécurité de l’Assemblée nationale. Et au Colonel Gilles BATIONO, Commandant de la 1ère région militaire, d’ajouter que « la victoire contre toutes les formes de menaces à la sécurité, ne peut s’obtenir que par une approche intégrée impliquant tout un chacun car c’est au sein des populations que s’organisent les actes d’insécurité et elles ont vraisemblablement les moyens de les prévenir, de les détecter et de contribuer à leur réduction ».

Conscients de la nécessité de renforcer cette approche de coopération civilo-militaire et de la vulgariser, les participants au symposium de Ouahigouya ont formulé des propositions à cet effet. Entre autres propositions, l’amélioration de la gouvernance (raquette, corruption), l’amélioration de la réactivité (promptitude) des FDS dans ses interventions préventives ou offensives, la mise en place de cadres de concertation permanents entre FDS et populations civiles, le renforcement de la protection des témoins, l’organisation d’actions conjointes entre civils et FDS, etc. De même, des engagements individuels et collectifs ont été pris pour réduire le phénomène à travers la vulgarisation des numéros verts de sécurité et du système « See something, say something » (Voir quelque chose, dire quelque chose), créer un cadre dialogue entre parlementaires, FDS et OSC, le renforcement du dialogue inter et intra religieux, etc.

A la clôture de ces 72 heures de réflexion sur la sécurité, l’ambassadeur des Etats-Unis, SEM Andew YOUNG a félicité l’ensemble des participants pour les engagements pris pour vaincre les forces du mal qui sévissent dans la partie nord du pays. Dans la lutte contre cette guerre asymétrique, la solution militaire à elle seule s’avère inefficace d’où la nécessité de renforcer la résilience communautaire au phénomène à travers l’établissement d’un climat de confiance entre tous les acteurs, c’est-à-dire entre tous les Burkinabè car chaque citoyen, à quelque niveau qu’il soit peut et doit jouer son rôle dans l’amélioration d’une coexistence pacifique.

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Quantin Privat BAYALA
Chargé de Communication / UFC-Dori