Atelier régional de Djibo : Les leaders religieux, communautaires et les FDS se mobilisent pour l’amélioration de la sécurité et du vivre-ensemble au Sahel.

 

Les leaders religieux, communautaires et les forces de défense et de sécurité ont été réunis un atelier ce 28 juin dans la salle de conférence du PDES II à Djibo. A l’occasion de cette rencontre organisée par l’Union Fraternelle des Croyants de Dori, un panel a été animé autour du thème : « Nécessité et obligation pour les croyants à vivre et promouvoir la tolérance, le dialogue et le vivre-ensemble ».

Ce jeudi 28 juin, l’UFC-Dori a tenu un atelier régional sur la thématique : Foi et dialogue. Deuxième du genre, l’atelier a réuni soixantaine de religieux, coutumiers, forces de défense et de sécurité et d’organisations de la société civile de la région du Sahel dans la salle de conférence du PDES II de Djibo. Les différents acteurs ont réfléchi autour des questions relatives à la paix, la sécurité et le vivre-ensemble. À cet effet, Monseigneur Laurent Dabiré, évêque de Dori, le grand imam de Dori Cissé Mamoudou Yaya et l’émir de Djibo ont animé un panel sur la « Nécessité et obligation pour les croyants à vivre et promouvoir la tolérance, le dialogue et le vivre-ensemble »

Les travaux de la séance ont démarré avec les bénédictions du grand imam de Dori dans une atmosphère de courtoisie. Ce cadre d’échange et de réflexion a donné l’occasion aux différentes couches sociales et professionnelles représentées de participer aux échanges sur la sécurité et la paix de façon directe et franche. Les participants ont partagé des expériences, donné des pistes de solution tout au long des débats.

Les participants ont proposé des solutions

A la fin de la journée, il est ressorti des échanges la nécessité de maintenir le vivre-ensemble par le dialogue interreligieux, encourager les initiatives locales de dialogue et accorder une place plus importante à la femme dans la prévention et la résolution des crises. Les participants ont également appelé tous les acteurs sociaux à promouvoir l’éducation à la base comme moyen de prévention de l’extrémisme violent.

L’expérience de l’Emir, une leçon de vivre-ensemble dans le Soum

Moment de forte émotion, les propos de Sa Majesté, l’Emir de Djibo se résument à l’histoire de son enfance. Il a partagé quelques étapes de cette enfance avec les participants. « Lorsque tout petit, un catéchiste arrive à Djibo, c’est mon père alors Emir qui lui donne un lopin de terre pour installer sa chapelle. Le catéchiste avait l’habitude de venir dans le vestibule royal, et là il me prenait sur ses pieds. S’il n’y avait pas eu l’acceptation mutuelle, mon père n’aurait pas accepté que je m’asseye sur les pieds du catéchiste. Ce dernier aussi m’aurait repoussé. » Selon Sa majesté, c’est la preuve que des personnes de religions différentes peuvent s’accepter. « Ce prêtre avait même l’habitude de participer à des débats sur les questions religieuses avec l’imam et d’autres grands marabouts de Djibo sous le vestibule de mon père. Ils discutaient et parlaient de Dieu », a aussi relevé l’Emir. C’est une action qui montre que les gens peuvent dialoguer et parler de Dieu, a-t-il soutenu. « Je me rappelle de la sècheresse de 1973, il n’y avait que l’Etat et l’église qui ont apporté une aide aux populations. Le prêtre est alors venu voir mon père pour qu’ensemble les communautés religieuses s’impliquent dans la redistribution des vivres à tous sans distinction de religion », belle leçon de partage que l’hôte du jour a rappelé. « C’est grâce à un chrétien que je suis allé au lycée. Sinon, je serais ici avec un niveau plus bas», L’émir s’est attardé sur l’implication du catéchiste dans la poursuite de ses études. Alors qu’il était déscolarisé pour apprendre les rouages de la royauté, ce dernier intervient auprès de son père, puis lui trouve un établissement quoi que l’année fût déjà bien avancée.

Les autorités administratives ont marqué la rencontre de leur présence

Le Haut-commissaire de la province du Soum a répondu à l’invitation de l’UFC à présider la cérémonie d’ouverture de l’atelier de Djibo. Prenant la parole, il demandé une minute de silence pour le repos de tous ceux qui ont perdu la vie dans les attaques perpétrées au Burkina Faso. Il a également félicité l’initiative de l’UFC. « L’atelier vient  à point nommé au regard du contexte national, et particulièrement celui que traverse la Province du Soum, régulièrement confrontée à des attaques violentes qui occasionnent souvent des pertes en vie humaines », a-t-il indiqué. Il a assuré de son soutien cette action en faveur de la paix et du vivre-ensemble. Selon lui, la paix et la sécurité passent nécessairement par l’implication de toutes les composantes de la société.

Hamidou OUEDRAOGO
Stagiaire en communication / UFC-Dori

 

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