Cohésion sociale : Des jeunes sensibilisés à leur responsabilité à jouer

L’Union Fraternelle des Croyants de Dori a organisé le 30 juin dernier un atelier au profit d'une soixantaine de jeunes chrétiens et musulmans. Placé sous le thème : ''Rôle et place de la jeunesse des communautés religieuses dans la promotion de la paix sociale", cet atelier avait pour ambition d’inviter les jeunes à jouer pleinement leur rôle dans la construction de la paix au Burkina.

 

« Pour que les jeunes comprennent qu’ils sont la force vive, quand il faut casser c’est eux généralement qu’on enrôle, quand il faut gâter, c’est eux qui ont de l’énergie, (…), c’est toujours eux qu’on prend pour mettre devant. Mais malheureusement quand il faut tomber, c’est eux qui tombent. Je crois que cette manière d’utiliser les jeunes ne peut pas continuer. Ils ont de l’énergie, mais c’est pour nous aider à construire ensemble un monde meilleur. » C’est en effet ainsi que Mgr Paul OUEDRAOGO, Archevêque métropolitain de Bobo, a interpellé les jeunes chrétiens et musulmans venus de différentes localités du grand ouest du pays quant à leur place déterminante à jouer dans la construction de la paix au Burkina. Consciente que la jeunesse est l’avenir de chaque, l’UFC a voulu à travers cet atelier, deuxième du genre après celui tenu à Fada N’Gourma, inciter les jeunes des différentes confessions religieuses à promouvoir la tolérance, le dialogue et le vivre-ensemble. A la suite de l’archevêque, le Président de la communauté musulmane de l’Ouest, Mahama SANOU a invité les jeunes à toujours œuvrer pour la cohésion sociale. Pour sa part, le Représentant du Gouverneur de la région des Hauts-Bassins a félicité l’initiative et inviter les jeunes à prendre leur place et à jouer pleinement leur rôle dans la construction de la paix sociale au Burkina.

À l'issue de la cérémonie d'ouverture, un panel a été animé par l'abbé Bakari Jean Prosper SANOU et Abdoul Fatahou OUILY au titre de la communauté musulmane. Du panel, l'on peut retenir que l'islam et le christianisme prônent la paix et à ce titre les jeunes chrétiens et musulmans doivent être des artisans de paix. En effet, dans son développement, Abdoul OUILY, membre du Cercle d’Etude, de Recherche et de Formation Islamique (CERFI) a rappelé que l’Islam signifie « PAIX » et cela se traduit régulièrement dans les salutations musulmanes. Aussi a-t-il fait ressortir la contribution de l’Islam à la paix à travers l’observation par le musulman de règles comme : nourrir les pauvres, faire la zakat, faire les actes cultuels, protéger la vie d’autrui, respecter la différence de l’autre, etc. En somme, le musulman se doit d’être respectueux de la fraternité qui unit tous les hommes car venant tous de Adam et Eve. Pour sa part, l’abbé Prosper SANOU, responsable chargé du dialogue islamo-chrétien dans l’archidiocèse de Bobo, a beaucoup enrichi son propos avec sa propre vie. Issu d’une famille musulmane, il a été élève coranique, puis muezzin de la mosquée familiale avant de devenir prêtre en 1998. « Moi-même étant un don, un fruit pur de l’Islam, l’Islam qui donne à l’église catholique un fils, un prêtre. Je suis donc fier d’avoir bu l’Islam dans le lait maternel et j’ai un profond respect pour cette religion » a-t-il relevé au début de son intervention. A l’image de Jésus Christ, le panéliste a invité les jeunes à vivre la paix et à la donner car elle est un don de Dieu. Aussi, il a rappelé les religieux ont toujours joué un rôle important dans la consolidation de la paix au Burkina. Et il revient aux jeunes, avenir de la nation, de se mettre débout, comme un seul homme, à l’image du Christ, donner à chacun de ses concitoyens la paix. Et de conclure :« Dieu, il est Un. Et nous qui sommes à sa recherche, nous sommes nombreux et divers, différents. Nous marchons à sa suite sur des routes différentes. »

stage dudal jam bobo2Dans ce contexte marqué par la montée de la radicalisation et de l’extrémisme violent, il est important de rappeler aux jeunes les valeurs de tolérance, de respect mutuel, d’amour, etc. enseignées par les différentes religions.  « On peut tuer pour le pouvoir, on peut tuer pour l’argent mais on ne peut pas tuer pour Dieu. Dieu ne demande jamais de tuer (…). Dieu ne connait qu’une chose, que ses enfants s’aiment les uns les autres et construisent un monde où ils peuvent vivre ensemble en s’accueillant mutuellement et en se donnant la main pour construire ce monde là » a martelé Mgr Paul OUEDRAOGO.

 

 

Quantin Privat BAYALA
Chargé de communication