Coopération civilo-militaire : l’UFC-Dori renforce la participation des civiles à la sécurité préventive dans le Sahel

Dori, chef-lieu de la région du Sahel a abrité ce samedi 29 septembre un atelier de réflexion entre les forces de défense et de sécurité et les CAC (comités d’action communautaires). Tenus au Centre pour la paix Dudal Jam, Les travaux ont porté sur la nécessité d’une franche collaboration entre FDS et populations locales. Les échanges ont permis d’évaluer le niveau de participation des populations à la stratégie du S4 (see something, say something) et de proposer des solutions en vue d’accroitre la contribution des civils à la sécurité préventive.

Ils sont venus des quatre coins de la région du sahel répondre à l’appel de l’UFC. Eux, ce sont les comités d’action communautaire communément appelés CAC et les FDS. En effet, ce samedi 29, le centre pour la paix dudal jam a reçu les populations de Djibo, Arbinda, Markoye, Seytenga, Gorom Gorom et Dori venues à la rencontre des hommes de tenue de leur région. Ce cadre de travail et de réflexion qui est à sa deuxième édition après celui de 2017 a rassemblé une cinquantaine de participants (policiers, gendarmes, militaires et civils) autour du thème : « la participation des populations locales sahéliennes à l’amélioration de la sécurité : état des lieux et perspectives ». A ce sujet, le coordonnateur de l’UFC, M. RAMDE a rappelé les actions mises en place depuis le dernier atelier et soutenu l’opportunité d’une telle activité.

La police a assuré la communication. Elle a fait ressortir l’amélioration des relations entre les services de police et les populations du Sahel. Le communicateur a surtout insisté sur la nécessité d’une implication plus accrue des populations locales par la veille et la dénonciation en cas de comportements suspects, tout en plaidant pour la continuité d’une telle initiative. Pour le modérateur, à la question  « Peut-on vraiment faire de la sécurité sans les populations ? », il a répondu par un non catégorique. Selon lui, les populations locales sont les mieux placées pour aider les FDS en termes de renseignements.  Il soutient également que la mise en place du S4 (See something, say something=voir quelque chose, dire quelque chose) de l’UFC a permis d’accroitre le niveau des appels sur les numéros verts de sécurité. Les échanges francs ont permis aux représentants des CAC de souligner les difficultés rencontrées dans la collaboration Civils-FDS et de réitérer leur engagement à œuvrer à la consolidation de celle-ci.

Dans une situation de recrudescence des attaques ciblées contre les agents des forces de défense et de sécurité mais aussi d’enlèvement et de meurtre de civils, l’équipe de Paul François RAMDE a réussi une fois de plus à créer une atmosphère de fraternité et d’union sacrée entre les filles et les fils du pays. La séance a pris fin par la distribution des fiches de numéro vert de sécurité aux différents participants.

Les civiles et les FDS travaillant main dans la main
Les membres des différents CAC et les FDS ont participé à des travaux de réflexion par groupes autour de la question « quelles propositions pour l’amélioration de la participation citoyenne à la sécurité pour la suite du processus ? ». Cette technique de travail a permis non seulement de rapprocher les deux camps, mais surtout de déboucher sur des solutions pratiques et concertées. Les participants ont exprimé leur satisfaction quant à la tenue de cet atelier qui est un soutien de taille à la lutte contre l’insécurité.

Les femmes prennent part à la lutte contre l’insécurité dans le Sahel.
« Cette insécurité naissante au sahel, nous ne pouvons pas la rayer si nous ne collaborons pas avec nos forces de défense et de sécurité. » ces mots d’une participante à l’atelier viennent rappeler l’importance pour les femmes de s’impliquer davantage dans la lutte contre l’insécurité. Elles sont dans cette partie du pays souvent sur le terrain et peuvent être parfois témoins d’actes suspects. Plus loin elle ajoute, « les femmes sont la majorité, si nous faisons de la rétention, les FDS ne pourront pas imaginer. Je demande donc à mes sœurs si elles remarquent quelque chose d’appeler le 1010… ». C’est aussi le point de vue du modérateur qui a souligné la fiabilité des informations provenant des femmes.

Hamidou OUEDRAOGO
Stagiaire en Communication