Justification

dudaljam justif« La paix est aussi réalisable que la guerre, pour y parvenir, il faut lui donner autant de moyens »dixit Pape Jean Paul II. L’actualité de nos jours est marquée par des violences de tous ordres dont la plupart sont issues de l’intolérance tant religieuse, politique ou d’opinion.

Le Sahel burkinabé est une zone agro-pastorale, où cohabitent des hommes de diverses cultures et religions. Plusieurs courants religieux, parfois radicaux, ont fait leur apparition ces dernières années, d’où un fort potentiel de conflits religieux.

En outre, sur le plan national ou international des actes d’intolérance sont notés quotidiennement. Les atteintes à la vie et aux biens au nom de la foi sont observées ça et là. Des exemples pullulent : l’actualité des conflits interreligieux au Nigéria, des attentats attribués à AQMI, la situation en Centrafrique, etc. Beaucoup de clichés et stéréotypes ne favorisent pas la construction d’une société de tolérance et de paix dans plusieurs communautés locales. Un constat est qu’au lieu d’être des opportunités d’enrichissement personnel, le plus souvent les différences sont des justifications de conflits et de guerres fratricides.

C’est fort de ce constat que l’expérience de « vivre ensemble » de l’Union Fraternelle des Croyants doit être porté au monde pour qu’il se convint que la différence religieuse, ethnique, culturelle ne doit nullement être mal utilisée pour des intérêts égoïstes. Grâce au dialogue, nous pouvons profiter de ces différences pour nous compléter et ainsi nous enrichir mutuellement.

L’Union Fraternelle des Croyants est un exemple vivant de dialogue interreligieux entre la communauté musulmane et la communauté catholique dans le Sahel du Burkina Faso. Depuis 1969, ces deux communautés se sont associées pour offrir à leurs membres respectifs et à tous les habitants du Sahel des conditions de travail et de vivre ensemble meilleures. Des acquis existent et demandent à être montrés au public pour témoigner à tous que le respect et le dialogue interreligieux et interculturel ne sont pas des vains mots et peuvent être vécus véritablement et sans hypocrisie aucune. En effet, en dépit du fait qu’au Sahel, les musulmans sont majoritaires (environ 96% contre 1% de chrétiens selon le recensement de 2006), l’UFC a contribué à instaurer un réel climat d’acceptation et de respect mutuels, indispensables pour une culture de paix.

Le dialogue est le fondement essentiel de la paix et de la compréhension entre les peuples et les nations. C’est une des convictions de l’Union Fraternelle des Croyants. C’est dans le sens de promouvoir cette culture de paix que l’Union a créé un Centre pour la paix, encore appelé « DUDAL JAM » (bûcher ou école de la paix en langue peulh). « Les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix … » (Acte constitutif de l’UNESCO, 1945). 
Ce centre se veut un moyen que l’UFC se donne pour contribuer à la promotion d’une culture de paix dans notre monde tiraillé par des conflits de toutes sortes.