A l’école du civisme et des droits humains

logo paysLe président du Faso a procédé, le 22 novembre dernier, au lancement de la Semaine nationale de citoyenneté (SENAC). « Droits humains, citoyenneté et revendications sociales : quelle convergence pour une société de paix ? », c’est le thème retenu pour cette 10e édition qui se tiendra jusqu’au 29 novembre. La population a été invitée à l’école de la tolérance et de la paix.

 

L’incivisme, au pays des Hommes intègres, a atteint des proportions inquiétantes avec des modes de revendications qui consistent à s’attaquer aux biens publics et privés. C’est dans ce contexte qu’intervient la 10e édition de la Semaine nationale de la citoyenneté (SENAC), du 22 au 29 novembre 2013. Instituée par le ministère des Droits humains et de la promotion civique, la SENAC 2013 se tient sous le thème : « Droits humains, citoyenneté et revendications sociales : quelle convergence pour une société de paix ? ». « Les SENAC sont, pour notre peuple, des espaces privilégiés d’éducation et de formation aux droits humains et à la citoyenneté responsable », a fait savoir le patron de la cérémonie, Blaise Compaoré, au lancement des activités. De régulières célébrations qui , à son avis, ont contribué tout au long des années à l’éveil des consciences de la population, aux exigences éthiques du vivre-ensemble. Les revendications sociales accompagnées de violences avec tous leurs corollaires sont à proscrire, selon le président du Faso, car elles sont contraires à l’esprit citoyen et civique. Le Burkina Faso est bâti sur le socle de la paix, du dialogue et de la concertation, a-t-il dit. « Le thème de cette édition de la SENAC s’imposait de lui-même » Un héritage qui doit, pour Blaise Compaoré, être pérennisé et transmis de génération en génération. C’est pourquoi il a exhorté le peuple burkinabè à toujours magnifier ces valeurs et à intégrer dans son vécu les principes fondamentaux du civisme. Dans cette même lancée, il a invité l’ensemble des composantes sociales, notamment les jeunes, à se mobiliser pour participer activement aux activités inscrites dans le cadre de la SENAC. Mention spéciale a été faite à tous les acteurs qui contribuent à la promotion de la tolérance et de la paix au Burkina. « La citoyenneté est l’œuvre d’une construction perpétuelle », fera remarquer la ministre des Droits humains et de la promotion civique, Julie Prudence Nigna/Somda. Le thème de cette édition de la SENAC, aux dires de cette dernière, s’imposait de lui-même, eu égard aux récentes manifs qui ont marqué l’actualité nationale.

« Il nous invite à une réflexion sur notre responsabilité de citoyen dans la consolidation de la paix », a-t-elle signifié. Car, ajoute-elle, « si le citoyen a le droit de revendiquer, il ne doit point perdre de vue l’obligation de contribuer à la paix sociale, et de la préserver ». Au-delà de cette semaine, le thème de la cette SENAC invite, selon Julie Prudence Nigna/Somda, « à réfléchir sur le lien nécessaire qui existe entre l’éducation à la citoyenneté et la culture de la paix ». Le parrain de la cérémonie, Mgr Titiana Anselme Sanon, dans un message de paix, a interpelé chaque acteur (gouvernant comme gouverné) à jouer sa partition pour une paix sociale au Burkina Faso. Les lauréats des jeux concours organisés, dans le cadre de la SENAC, ont été primés au cours de cette cérémonie. L’Union fraternelle des croyants de Dori a remporté le grand prix Etoile d’or de la tolérance. Des décorations ont mis fin au lancement de la SENAC 2013 par le président du Faso. Diverses activités sportives, culturelles et intellectuelles marqueront cette semaine de citoyenneté avec une innovation majeure, à savoir le village du bon citoyen. Cadre récréatif et d’échanges sur les droits humains, les différents acteurs des droits humains et de la promotion civique feront des expositions pour présenter au public leur travail au quotidien. Ablé Stanislast Balo, membre de l’Union fraternelle des croyants de Dori « En principe, on ne devait pas parler de la citoyenneté qui était une valeur innée dans nos sociétés, nos cultures parce que nous nous inscrivions dans une famille, dans une société. Si l’on en parle aujourd’hui, c’est peut-être parce qu’il y a des comportements reprochables. A notre niveau, nous n’avons pas attendu l’organisation de la SENAC pour ça ; car depuis 1969, à Dori, est née l’Union fraternelle des croyants qui œuvre pour une société de paix, de tolérance, d’amour et de solidarité. Nous avons été heureux de savoir que ce petit travail que nous faisons a attiré l’attention de la Communauté nationale d’où cette distinction. C’est un encouragement pour nous à continuer notre petit travail et à permettre à toute la société burkinabè d’entrer dans la marche commune qui est une société de paix et de solidarité. »

Cathérine PILABRE