Le 23 septembre 2026, les activités du projet « RECONSTRUIRE » ont été officiellement lancées à la Prison de haute sécurité (PHS) de Loumbila. L'initiative prépare une cinquantaine de détenus à la réinsertion sociale grâce à un accompagnement psychosocial, à la déradicalisation et à la formation professionnelle.
L'administration pénitentiaire et les détenus de la PHS, située à Loumbila dans la région de l’Oubri, ont pris part, le 23 septembre 2026, à la cérémonie de lancement du projet « RECONSTRUIRE ». Présidée par Fidèle KONATE, Chargé de mission, représentant le Ministre en charge de la justice, la cérémonie a donné le coup d'envoi des activités au sein de l'établissement.
Intitulé « Reconstruire le vivre-ensemble au sein des communautés vivant dans les régions du Sahel et du Nord », le projet est porté par le consortium Union Fraternelle des Croyants de Dori et l'Association pour l'Unité de la jeunesse et le Développement de l'Afrique, en collaboration technique avec la Coalition Jam pour la Paix et la Cohésion sociale et l’administration pénitentiaire. Il est désormais officiel et opérationnel.
Le Directeur de la PHS, l'inspecteur de sécurité pénitentiaire principal Pinga ZONGO, a salué le choix de son établissement pour cette phase du projet. « Ce projet est le bienvenu dans un établissement pénitentiaire comme la prison de haute sécurité dont les besoins se posent de manière récurrente », a-t-il souligné.
Il s'est réjoui d'un dispositif qui vise la réintégration sociale des pensionnaires, la prévention de la récidive à travers des programmes intégrés, allant de la déradicalisation à la formation professionnelle, et la protection de la société par la réduction du potentiel de violence. Appelant chacun à s'impliquer pleinement, il a fixé un cap ambitieux : « Nous en sommes fiers. J'ai demandé à chacun d'adhérer et de s'engager pleinement pour qu'à la fin, nous puissions avoir un projet réussi à au moins 90 %. »
Face à la promiscuité et aux niveaux de radicalisation variés au sein de la PHS, le projet mise sur une approche intégrée pour favoriser la resocialisation des détenus après leur sortie de prison. Herman KALMOGO, Chargé du projet, a présenté le modèle de déradicalisation du projet qui repose sur quatre axes :
- Une évaluation initiale de chaque détenu bénéficiaire, afin d'établir son profil et de définir un parcours d'accompagnement adapté.
- Des thérapies et un accompagnement psychosocial, individuels et collectifs.
- La déradicalisation, à travers des modules religieux visant à déconstruire les idéologies radicales et extrémistes.
- Une évaluation et une formation professionnelle, pour doter les bénéficiaires de compétences facilitant leur insertion sociale et professionnelle à leur sortie.
Dans le contexte de la volonté nationale d'humaniser les prisons, l'administration pénitentiaire a souhaité que de telles initiatives profitent à un plus grand nombre de bénéficiaires et soient étendues aux autres établissements pénitentiaires. La cérémonie, ponctuée de prestations artistiques des détenus, a témoigné de cet engagement.
Financé par le Fonds mondial pour l'engagement communautaire et la résilience (GCERF), le projet RECONSTRUIRE entend renforcer la résilience des communautés face aux risques d'enrôlement dans les groupes extrémistes, en améliorant les conditions économiques et psychosociales et en favorisant la réinsertion socioprofessionnelle des groupes vulnérables.






