C'est dans la capitale de la région du Sahel que s'est tenu le 20 mai 2026 un atelier d'échanges réunissant des leaders religieux du Liptako autour de l'approche Enseignement Religieux jumelé à l'Apprentissage Professionnel (ERAP). Organisée par le projet « Reconstruire le Vivre-ensemble au sein des communautés vivant dans les régions du Sahel et du Nord » (Projet RECONSTRUIRE), mis en œuvre par le consortium UFC-Dori – UNIJED/Afrique, cette rencontre visait à susciter l'adhésion, l'engagement et l'accompagnement des imams et maîtres coraniques dans le déploiement de cette approche au profit des talibés et des jeunes vulnérables de la région.
L'atelier a mobilisé des imams et maîtres coraniques des communes de Bani, Sebba, Seytenga et Dori. Représentant le Gouverneur de la région du Liptako, Yaya KONÉ, Haut-Commissaire du Séno, a d'emblée salué la pertinence de la démarche. Pour lui, l'ERAP constitue « une approche audacieuse qui reconnaît la légitimité de l'enseignement coranique tout en l'enrichissant d'une dimension professionnelle concrète ». En offrant aux jeunes un ancrage spirituel solide et des compétences professionnelles valorisables, a-t-il poursuivi, « nous leur donnons les moyens de résister aux discours de haine et aux sirènes de la radicalisation ».
Le représentant du gouverneur a également insisté sur le rôle central des leaders religieux dans la réussite du dispositif. « La communauté vous écoute. Elle vous fait confiance. Elle suit votre exemple. C'est pourquoi votre adhésion à l'approche ERAP n'est pas seulement souhaitable, elle est indispensable », a-t-il lancé à l'assemblée.
La communication introductive, animée par Brahima GNAMOU, Coordonnateur régional du CERFI, a planté le décor en abordant le thème : « État des lieux des foyers coraniques au Sahel : quelles passerelles pour favoriser l'insertion socioprofessionnelle des apprenants ? » L'intervenant a rappelé la place centrale du travail dans la tradition islamique et invité les leaders religieux à encourager l'apprentissage d'un métier chez les talibés, en complément de la formation religieuse qu'ils leur dispensent.
L'atelier a également permis de préciser les contours opérationnels de l'ERAP : les imams et maîtres coraniques seront impliqués à chaque étape du processus, de l'identification des apprenants dans les foyers coraniques à leur suivi et leur accompagnement tout au long de leur formation professionnelle.
À l'issue des travaux, l'ensemble des participants a exprimé sa pleine adhésion à l'approche. Conscients de la nécessité de créer des passerelles entre formation religieuse et insertion socioprofessionnelle, les leaders religieux ont donné leur bénédiction au déploiement de l'ERAP, s'engageant concrètement à identifier les bénéficiaires et à les accompagner tout au long de leur parcours de formation professionnelle et spirituelle.






