Face au manque d’eau pendant de la saison sèche pour faire le maraichage, Timothée TINDANO l’un des maraichers, appuyé par Union Fraternelle des Croyants de Dori, a mis au point une méthode ingénieuse pour retenir l’eau dans les planches. Une technique simple, à la portée de tous, qui pourrait transformer le quotidien de milliers de maraichers dans la région du Sahel.
Au Sahel, la pluie est attendue comme une bénédiction. Mais elle se fait rare, imprévisible, et quand elle tombe enfin, c’est souvent pour ne durer que quelques mois. Trois à quatre mois d’eau, parfois moins, pour remplir les marres et les retenues d’eau pour le maraichage. Ainsi, de fin mars à début avril, les marres se vident de leurs eaux, donc il est difficile de poursuivre le maraichage. Sur ces terres assoiffées, chaque goutte compte.
À cet effet, un producteur maraîcher refuse pourtant de se résigner. Il a décidé de faire autrement. Loin des solutions coûteuses ou technologiques inaccessibles, il est revenu à l’essentiel, une technique de rétention d’eau adaptée à leurs réalités locales : la bâche, la terre, les feuilles, la fumure organique… une idée et une méthode simples.
La méthode consiste à creuser légèrement le sol (environ 34 cm de profondeur). Cette technique permet non seulement de maintenir l’humidité plus longtemps dans les planches, mais aussi de réduire la fréquence des arrosages, ce qui représente un gain de temps et une économie d’eau précieuse. En outre, l’incorporation de matière organique améliore la fertilité du sol, ce qui se traduit par des rendements plus stables, voire en augmentation.
« Avant, on arrosait deux fois par jour, maintenant nous arrosons chaque deux jours, voire trois, et les plants tiennent mieux. L’eau, si précieuse ici, est utilisée à bon escient », explique Thimoté TINDANO, producteur maraicher.
À Dori dans la région du Sahel où l’eau pour arroser les plants est un luxe, creuser quelques centimètres dans la terre est devenu un acte de résistance, un geste d’espoir. Portée par l’intelligence de Timothée TINDANO et l’envie de faire mieux avec peu, cette innovation paysanne pourrait bien inspirer d’autres en quête de solutions durables. Car parfois, il suffit de peu pour transformer beaucoup.
UFC-Dori, qui accompagne les producteurs maraichers de ses zones d'intervention, est consciente de l'importance de cette approche et préfère l'expérimenter davantage et partager les savoirs émergents du terrain.
Fatimata TRAORE,
Chargée de Communication






