Depuis plus de 50 ans, l’Union Fraternelle des Croyants de Dori (UFC-Dori) accompagne les producteurs maraîchers dans la région du Sahel, parmi lesquels ceux du village d'Amsia dans la commune de Bani. L’UFC-Dori, en collaboration avec Misereor dans le cadre du Programme de Développement Rural Intégré, a développé plusieurs stratégies pour soutenir ces producteurs à savoir, entre autres, l’accès à l’eau et aux semences, le renforcement des capacités ainsi que le soutien à la commercialisation des produits à travers l’organisation des Journées du Maraicher du Sahel(JMS). L’objectif de cet accompagnement est de favoriser leur autonomisation et d’assurer la sécurité alimentaire des communautés locales grâce à des pratiques agricoles et maraichères durables.
Depuis 2002, l’Union Fraternelle des Croyants de Dori accompagne ces producteurs maraîchers d'Amsia. Situé à 5km de Bani et à 50km de Dori dans la région du Sahel, Amsia abrite un bouli maraicher réalisé par l’UFC-Dori. Le bouli maraîcher apparaît comme une solution à la problématique de l’eau, dans ce milieu sahélien où les retenues d’eau sont quasi inexistantes. Ces boulis d’une capacité de 20 000 m³ retiennent les eaux de pluies et permettent de pratiquer la maraîcher-culture pendant la saison sèche. À cet effet, ces producteurs maraîchers déploient des stratégies maraichères adaptées à leurs zones et aux besoins locaux. Ainsi, plusieurs spéculations sont pratiquées, à savoir la laitue, le chou, l’aubergine. Il faut noter que l’oignon est le plus cultivé dans le village d'Amsia, et cela, à fort rendement.

Nonobstant, la crise sécuritaire qui secoue la région ayant contraint nombre de ces producteurs à abandonner leur bouli et se déplacer vers Yalgo dans le centre nord, région voisine du Sahel, du Burkina Faso. Malgré les difficultés liées à leur déplacement forcé, les producteurs ont su s’intégrer et faire preuve d’adaptabilité et de résilience. Cette adaptation exemplaire témoigne de leur résilience et de leur détermination à poursuivre leur travail dans cette zone d’accueil. « Depuis notre arrivée à Yalgo, nous avons été bien accueillis et notre intégration a été facile, à telle enseigne que les communautés nous ont donné une portion de terre au tour des berges pour faire de la maraicher culture. Autour de ces berges, nous ne cultivons que de l'oignon, à l’image de ce que nous faisions chez nous à Amsia, cela nous a permis de faire un très bon rendement avec plus de 14 sacs de 50kg d’oignons récoltés » témoigne Dicko Boureima Amadou, producteur maraîcher déplacé de Amsia à Yalgo. Selon lui, autour de ces berges, ils vivent en parfaite cohésion sociale avec les producteurs hôtes. Ce qui justifie le partage de leurs connaissances apprises avec l’UFC-Dori en la matière avec leurs hôtes et vice-versa. « Quoi que nous sommes des déplacés, UFC-Dori poursuit son engagement en faveur de notre autonomisation. L’UFC-Dori nous a dotés des semences et de la fumure organique pour notre production, en dehors de cela, nous avons pris part aux Journées du Maraicher du Sahel, ce qui nous a permis d’écouler nos produits. Nous tenons a remercié UFC-Dori et tous ces partenaires en occurrence Misereor » ajoute-t-il.
Il faut rappeler que cet accompagnement s’inscrit dans le cadre du Programme de Développement Rural Intégré (PDRI) mis en œuvre par UFC-Dori grâce au financement de Misereor et KZE en vue de contribuer à l’amélioration des conditions de vie des producteurs, des personnes vulnérables et de l’accès à une alimentation saine équilibrée, ainsi que la reconstruction de la coexistence pacifique.
Fatimata Amadou TRAORE,
Chargée de communication






