
BP 1 Dori, BURKINA FASO
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Face à la rareté des pluies, à la saison sèche qui affecte durement les communautés, des milliers de personnes, hôtes comme Personnes Déplacées Internes(PDI) luttent quotidiennement pour accéder à l’eau potable. L’accès à l’eau est devenu un défi majeur dans la commune de Dori. Pour soulager les tensions et répondre aux besoins urgents, l’Union Fraternelle des Croyants de Dori (UFC-Dori) a mis en place des forages solaires en réseaux de distribution équipés de robinets. Une initiative qui change la vie des populations et offre un modèle durable face à l’urgence climatique.
La région du Sahel est depuis longtemps confrontée à des conditions climatiques excessives, avec des pluies rares et irrégulières. À Dori, chef-lieu de la province du Séno, l’eau est devenue une denrée rare. Cependant, le déplacement de population exerce une pression sur les ressources déjà limitées, notamment l’eau. L’eau qui, en saison sèche, ne suffisait déjà pas à la population hôte, doit désormais être partagée avec des milliers de nouveaux arrivants. Cette situation a entraîné des files d’attente interminables et parfois des tensions autour de cet or bleu.
Face à cette crise, l’Union Fraternelle des Croyants de Dori (UFC-Dori), fidèle à ses valeurs de solidarité interreligieuse, de culture de la paix et de développement, a réagi avec réactivité. À cet effet, elle a réalisé des forages d’eau équipés de pompes solaires, une technologie durable et adaptée aux réalités locales. Mieux encore, ces forages ont été aménagés en robinets publics, facilitant l’accès direct à l’eau pour les habitants, qu’ils soient autochtones ou déplacés.
Ces infrastructures, installées dans une zone stratégique à forte concentration de populations, ont permis de désengorger les anciens points d’eau et de réduire considérablement les conflits liés à l’accès à cette ressource vitale.
Ces robinets solaires ne fournissent pas seulement de l’eau, ils sont un symbole de dignité, d’unité et d’espoir pour les habitants. « Grâce aux robinets solaires, nous ne faisons plus la queue pendant des heures, tout le monde peut avoir de l’eau sans se disputer selon l’ordre d’arriver de tout un chacun », témoigne DIALLO Mariama Alou.
Ces ouvrages s’inscrivent dans le cadre du Programme de Développement Rural Intégré (PDRI) mis en œuvre par UFC-Dori grâce au financement de Misereor et KZE. Ce Programme vise à améliorer les conditions de vie des producteurs, des personnes vulnérables, à garantir l'accès à une alimentation saine et équilibrée et à favoriser la coexistence pacifique entre les communautés.
Fatimata Amadou TRAORE,
Chargée de Communication
Le jeudi 24 avril 2025, la salle de conférence de Dudal-Jam de Dori a accueilli un atelier capital visant à renforcer la cohésion sociale et à prévenir l’extrémisme violent dans la région du Sahel. Organisé par l’Union Fraternelle des Croyants de Dori (UFC-Dori), avec le soutien de l’Association Puits de Jacob, cet atelier a réuni 71 acteurs locaux, dont 45 membres des Comités Locaux de Paix (CLP) venus des zones de Dori, Sampelga, Seytenga et Bani.
Dans l’optique de créer un réseau solide pour amplifier leur impact dans la prévention de l’extrémisme violent, la lutte contre la radicalisation et la promotion du vivre-ensemble, l’Union Fraternelle des Croyants de Dori a organisé ce dit atelier le 24 avril 2025. Cette activité a permis, non seulement, de structurer les activités des CLP à travers l’élaboration d’un plan d’action, mais d’outiller davantage ces CLP à travailler en synergie, en réseau pour freiner la radicalisation et restaurer le tissu social.
À l’issue des échanges le facilitateur, Diallo Sita, responsable du volet "Accompagnement du Monde Rural" à l'UFC-Dori, a rappelé que les CLP sont des organisations paysannes mises en place par l’UFC-Dori et ce à la demande des communautés. Cette initiative de la création des CLP s’inscrit dans le sens de contribuer au maintien de la paix et de la cohésion sociale à travers la recherche de solutions endogènes et la prévention de potentielles menaces et conflits. « Au cours de nos échanges, nous avons rappelé les rôles et les missions des CLP, tout en mettant en lumière les avantages d’un réseautage structuré et en partageant des expériences en ce sens », a souligné le facilitateur M. DIALLO.
Au sortir de cet atelier, un bureau inter-CLP a été mis en place pour renforcer la synergie entre eux, suivi de l’élaboration d’un plan d’action commun dans le cadre de la prévention de l’extrémisme violent et de la promotion de la paix. Les CLP entendent désormais œuvrer comme une seule voix pour un Sahel solidaire et résilient face à des tensions.
Cette activité, initiée par l’Union Fraternelle des Croyants de Dori avec l’appui de l’Association Puits de Jacob, s’inscrit dans une dynamique de réseautage et de mobilisation collective pour contrer l’extrémisme violent, la radicalisation et renforcer le vivre-ensemble et la paix dans les communautés du Sahel.
Fatimata TRAORÉ,
Chargée de Communication
Ce dimanche 20 avril 2025, la fête de Pâques a pris une dimension significative grâce à l’Union Fraternelle des Croyants de Dori (UFC-Dori). Pour la énième année consécutive, les personnes déplacées internes chrétiennes se sont rassemblées pour célébrer la résurrection du Christ, symbole d’espérance et de renouveau. La présence de la communauté musulmane est une initiative portée par l’Union Fraternelle des Croyants de Dori (UFC-Dori), qui illustre une fois de plus l’engagement profond des leaders religieux de la région en particulier ceux de Dori en faveur du dialogue interreligieux, de la tolérance et du vivre-ensemble.
Lors de cette célébration empreinte de chants, d'adoration et de louange, les chrétiens de Dori, nommément les personnes déplacées internes, ont marqué la résurrection du Christ. Après 40 jours de privation, de prière, de pénitence et de partage, l'Abbé Jean-Pierre SAWADOGO, Curé de la Paroisse sainte Anne de Dori, a présidé la messe en ce jour spécial du 20 avril 2025. Ainsi, dans son homélie, il a invité les fidèles non seulement à partager avec les plus démunis, marque de la charité chrétienne, mais aussi à s'unir et à célébrer la victoire de l'amour.
Dans ces moments de culte, le Curé a souhaité une joyeuse fête pascale à tous les fidèles, en particulier les personnes déplacées internes. « La Pâques étant l’espérance que le Tout-puissant Dieu de Pâques, vous garde dans sa paix. Nous implorons également la miséricorde de Dieu pour la paix à notre nation et pour le retour de ces PDI dans leurs localités », ajoute-t-il.
Cette année encore, la communauté musulmane avec à sa tête, Mamoudou CISSE, Grand Imam de Dori, a répondu présent à l’invitation de la communauté catholique pour partager la joie de Pâques et prier avec les Personnes Déplacées Internes (PDI) à qui cette messe est dédiée. À l'Ambon, l’Imam lors de son allocution a déclaré que sa présence à la messe de Pâques n’est pas seulement un symbole, c’est une preuve vivante du vivre-ensemble, de la tolérance, de la fraternité et du dialogue interreligieux. « Ma présence ici est un signe de respect et d’amour pour mes frères chrétiens, mais aussi un acte très fort qui s’inscrit dans une dynamique bien ancrée à Dori, où musulmans et chrétiens ont fait du respect mutuel et de la solidarité une valeur partagée », a confié Imam. Il a clos son propos en souhaitant bonne et heureuse fête à tous et à toutes et que la paix revienne dans notre pays.

Le Curé de la paroisse Sainte Anne de Dori, a salué la présence du Grand Imam qui, pour lui, est un témoignage du vivre-ensemble, de l’espérance, et souhaité que cette fraternité se renouvelle et se perpétue.
Après la messe, les fidèles chrétiens ont exprimé leur joie de voir la communauté musulmane aux côtés d'eux pour célébrer ensemble la résurrection du Christ. Cette cohabitation entre les différentes religions à Dori reste un symbole fort de fraternité et d'unité dans nos mémoires. « J’ai été extrêmement touchée de voir la communauté musulmane parmi nous. Cela montre que malgré nos différences, nous sommes une même famille et qu'on doit s’accepter mutuellement », témoigne KABORE Juliette, fidèle catholique PDI.
Fatimata TRAORE, Chargée de Communication
Depuis plus de 50 ans, l’Union Fraternelle des Croyants de Dori (UFC-Dori) accompagne les producteurs maraîchers dans la région du Sahel, parmi lesquels ceux du village d'Amsia dans la commune de Bani. L’UFC-Dori, en collaboration avec Misereor dans le cadre du Programme de Développement Rural Intégré, a développé plusieurs stratégies pour soutenir ces producteurs à savoir, entre autres, l’accès à l’eau et aux semences, le renforcement des capacités ainsi que le soutien à la commercialisation des produits à travers l’organisation des Journées du Maraicher du Sahel(JMS). L’objectif de cet accompagnement est de favoriser leur autonomisation et d’assurer la sécurité alimentaire des communautés locales grâce à des pratiques agricoles et maraichères durables.
Depuis 2002, l’Union Fraternelle des Croyants de Dori accompagne ces producteurs maraîchers d'Amsia. Situé à 5km de Bani et à 50km de Dori dans la région du Sahel, Amsia abrite un bouli maraicher réalisé par l’UFC-Dori. Le bouli maraîcher apparaît comme une solution à la problématique de l’eau, dans ce milieu sahélien où les retenues d’eau sont quasi inexistantes. Ces boulis d’une capacité de 20 000 m³ retiennent les eaux de pluies et permettent de pratiquer la maraîcher-culture pendant la saison sèche. À cet effet, ces producteurs maraîchers déploient des stratégies maraichères adaptées à leurs zones et aux besoins locaux. Ainsi, plusieurs spéculations sont pratiquées, à savoir la laitue, le chou, l’aubergine. Il faut noter que l’oignon est le plus cultivé dans le village d'Amsia, et cela, à fort rendement.

Nonobstant, la crise sécuritaire qui secoue la région ayant contraint nombre de ces producteurs à abandonner leur bouli et se déplacer vers Yalgo dans le centre nord, région voisine du Sahel, du Burkina Faso. Malgré les difficultés liées à leur déplacement forcé, les producteurs ont su s’intégrer et faire preuve d’adaptabilité et de résilience. Cette adaptation exemplaire témoigne de leur résilience et de leur détermination à poursuivre leur travail dans cette zone d’accueil. « Depuis notre arrivée à Yalgo, nous avons été bien accueillis et notre intégration a été facile, à telle enseigne que les communautés nous ont donné une portion de terre au tour des berges pour faire de la maraicher culture. Autour de ces berges, nous ne cultivons que de l'oignon, à l’image de ce que nous faisions chez nous à Amsia, cela nous a permis de faire un très bon rendement avec plus de 14 sacs de 50kg d’oignons récoltés » témoigne Dicko Boureima Amadou, producteur maraîcher déplacé de Amsia à Yalgo. Selon lui, autour de ces berges, ils vivent en parfaite cohésion sociale avec les producteurs hôtes. Ce qui justifie le partage de leurs connaissances apprises avec l’UFC-Dori en la matière avec leurs hôtes et vice-versa. « Quoi que nous sommes des déplacés, UFC-Dori poursuit son engagement en faveur de notre autonomisation. L’UFC-Dori nous a dotés des semences et de la fumure organique pour notre production, en dehors de cela, nous avons pris part aux Journées du Maraicher du Sahel, ce qui nous a permis d’écouler nos produits. Nous tenons a remercié UFC-Dori et tous ces partenaires en occurrence Misereor » ajoute-t-il.
Il faut rappeler que cet accompagnement s’inscrit dans le cadre du Programme de Développement Rural Intégré (PDRI) mis en œuvre par UFC-Dori grâce au financement de Misereor et KZE en vue de contribuer à l’amélioration des conditions de vie des producteurs, des personnes vulnérables et de l’accès à une alimentation saine équilibrée, ainsi que la reconstruction de la coexistence pacifique.
Fatimata Amadou TRAORE,
Chargée de communication
Le samedi 8 mars 2025, l’Union Fraternelle des Croyants de Dori (UFC-Dori) a tenu sa 27ᵉ Assemblée générale ordinaire à Dori. Placée sous le thème : "Les Journées du Maraîcher du Sahel : 20 ans d'efforts pour la paix et le développement des communautés locales", cette rencontre statutaire a réuni les membres statutaires de l’organisation, notamment les représentants des communautés musulmane et catholique.
Fidèle à sa vision d’une organisation rigoureuse et pérenne, l’Assemblée générale a rassemblé les délégués des membres, ainsi que des représentants des services techniques et des organisations partenaires, pour examiner les activités et projets mis en œuvre au cours de l’année 2024. "En dépit du contexte sécuritaire difficile, notre Union présente un bilan d'exécution satisfaisant." s'est réjoui Olivier Yembi SOULI, Président du conseil d'administration de UFC-Dori. Ce bilan présenté par François Paul RAMDE, Coordonnateur de UFC-Dori, fait état d’une organisation toujours fidèle à ses valeurs et objectifs, en pleine croissance et résiliente.
En effet, en ce qui concerne la vie associative, plusieurs actions communes ont été menées par les deux communautés religieuses avec à leurs têtes respectives l’Evêque de Dori et le Grand Imam pour renforcer la cohésion sociale et vivre-ensemble harmonieux entre les communautés. C’est ainsi que des prières communes ont été faites à l’église et à la mosquée, l’assistance de chaque communauté à l’autre lors des événements heureux (fêtes religieuses) et malheureux.
Au titre des projets, plusieurs activités ont été mis en œuvre en 2024 avec des résultats probants. Parmi les grandes réalisations, on peut entre autres citer des boulis (ouvrages hydrauliques) maraichers ont été réalisés au profit de communautés avec un accompagnement pour la production maraichère et ainsi que des activités de cohésion sociale au titre du projet « Développement rural intégré avec un accent particulier sur le renforcement de la résilience et la promotion de la paix » financé par Misereor et KZE.
Aussi, l’insertion socioprofessionnelle des jeunes par leur formation professionnelle et religieuse et leur équipement en matériel à travers l’ERAP (Enseignement Religieux jumelé à l’Apprentissage Professionnel) ainsi que l’appui psychosocial des victimes de traumatisme du fait de l’extrémisme violent en passant par le renforcement de la cohésion sociale sont des résultats obtenus des actions menées pour le compte du projet « Prévenir la radicalisation et l’extrémisme violent par l’amélioration de la résilience des communautés locales des régions du Sahel et du Nord » financé par le GCERF.
En outre, des Journées des communautés, des ouvrages hydrauliques, des cadres de concertation transfrontaliers et la récupération des terres sont autant d’autres grandes réalisations opérées sur le compte du projet « Maitrise inclusive et participative des terres et de l’eau pour la paix » (Jam’Borders) avec l’appui financier de la Fondation PATRIP. L’ensemble de ces projets ont connu un taux d’exécution satisfaisant, selon François Paul RAMDE. En marge de ces projets, UFC-Dori a collaboré dans le cadre de consortia avec d’autres partenaires pour la mise en œuvre de bien d’autres projets au nombre desquels le projet PROMESSE-FP, PADED, BENKADI, etc.
L’Assemblée étant une rencontre de bilan et de projection, les délégués ont félicité l’équipe technique pour le travail réalisé. Aussi, au cours de la cérémonie de clôture, Abdoul Karim Zongo, Gouverneur de la région du Sahel, a félicité l'organisation pour la pertinence et la qualité de ses actions en faveur de la cohésion sociale et du développement socio-économique des populations du Sahel. Il a enfin formulé le vœu que les membres travaillent davantage pour le rayonnement au plan national et international de cette fille du Sahel qu’est l’UFC-Dori
