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Le samedi 8 mars 2025, l’Union Fraternelle des Croyants de Dori (UFC-Dori) a tenu sa 27ᵉ Assemblée générale ordinaire à Dori. Placée sous le thème : "Les Journées du Maraîcher du Sahel : 20 ans d'efforts pour la paix et le développement des communautés locales", cette rencontre statutaire a réuni les membres statutaires de l’organisation, notamment les représentants des communautés musulmane et catholique.
Fidèle à sa vision d’une organisation rigoureuse et pérenne, l’Assemblée générale a rassemblé les délégués des membres, ainsi que des représentants des services techniques et des organisations partenaires, pour examiner les activités et projets mis en œuvre au cours de l’année 2024. "En dépit du contexte sécuritaire difficile, notre Union présente un bilan d'exécution satisfaisant." s'est réjoui Olivier Yembi SOULI, Président du conseil d'administration de UFC-Dori. Ce bilan présenté par François Paul RAMDE, Coordonnateur de UFC-Dori, fait état d’une organisation toujours fidèle à ses valeurs et objectifs, en pleine croissance et résiliente.
En effet, en ce qui concerne la vie associative, plusieurs actions communes ont été menées par les deux communautés religieuses avec à leurs têtes respectives l’Evêque de Dori et le Grand Imam pour renforcer la cohésion sociale et vivre-ensemble harmonieux entre les communautés. C’est ainsi que des prières communes ont été faites à l’église et à la mosquée, l’assistance de chaque communauté à l’autre lors des événements heureux (fêtes religieuses) et malheureux.
Au titre des projets, plusieurs activités ont été mis en œuvre en 2024 avec des résultats probants. Parmi les grandes réalisations, on peut entre autres citer des boulis (ouvrages hydrauliques) maraichers ont été réalisés au profit de communautés avec un accompagnement pour la production maraichère et ainsi que des activités de cohésion sociale au titre du projet « Développement rural intégré avec un accent particulier sur le renforcement de la résilience et la promotion de la paix » financé par Misereor et KZE.
Aussi, l’insertion socioprofessionnelle des jeunes par leur formation professionnelle et religieuse et leur équipement en matériel à travers l’ERAP (Enseignement Religieux jumelé à l’Apprentissage Professionnel) ainsi que l’appui psychosocial des victimes de traumatisme du fait de l’extrémisme violent en passant par le renforcement de la cohésion sociale sont des résultats obtenus des actions menées pour le compte du projet « Prévenir la radicalisation et l’extrémisme violent par l’amélioration de la résilience des communautés locales des régions du Sahel et du Nord » financé par le GCERF.
En outre, des Journées des communautés, des ouvrages hydrauliques, des cadres de concertation transfrontaliers et la récupération des terres sont autant d’autres grandes réalisations opérées sur le compte du projet « Maitrise inclusive et participative des terres et de l’eau pour la paix » (Jam’Borders) avec l’appui financier de la Fondation PATRIP. L’ensemble de ces projets ont connu un taux d’exécution satisfaisant, selon François Paul RAMDE. En marge de ces projets, UFC-Dori a collaboré dans le cadre de consortia avec d’autres partenaires pour la mise en œuvre de bien d’autres projets au nombre desquels le projet PROMESSE-FP, PADED, BENKADI, etc.
L’Assemblée étant une rencontre de bilan et de projection, les délégués ont félicité l’équipe technique pour le travail réalisé. Aussi, au cours de la cérémonie de clôture, Abdoul Karim Zongo, Gouverneur de la région du Sahel, a félicité l'organisation pour la pertinence et la qualité de ses actions en faveur de la cohésion sociale et du développement socio-économique des populations du Sahel. Il a enfin formulé le vœu que les membres travaillent davantage pour le rayonnement au plan national et international de cette fille du Sahel qu’est l’UFC-Dori
Du 6 au 9 mars 2025, l'Union Fraternelle des Croyants de Dori (UFC-Dori) a organisé la 20ème édition des Journées du Maraîcher du Sahel, un événement phare qui a réuni des producteurs, des acteurs du développement et des responsables communautaires au sein de son centre social à Dori. Cette rencontre a été l’occasion d’un important cadre de concertation visant à réfléchir collectivement sur la résilience des communautés du Sahel dans un contexte d’insécurité croissante.
Le Cadre de concertation entre producteurs (CaCoPro) a permis de dévoiler des méthodes innovantes de conservation de produits agricoles, notamment la tomate et le persil, sans recourir à des additifs chimiques. Ces techniques, élaborées avec des matériaux locaux, offrent des solutions aux producteurs souvent confrontés à des difficultés d'écoulement de leurs récoltes périssables, exacerbées par la conjoncture sécuritaire actuelle.
M. Sanou, communicateur du jour, a souligné l'importance d’inscrire toutes les initiatives dans une démarche de promotion de la paix et de cohésion sociale. Selon lui, "il n’y a point de développement sans paix", et il est primordial que les producteurs comprennent et adoptent cette vision dans leur travail quotidien.
Les ressources naturelles, telles que les terres et l’eau, sont au cœur des activités agricoles. Diallo Sita, responsable du volet "Accompagnement du Monde Rural" à l'UFC-Dori, a évoqué l'importance de la gestion collaborative de ces ressources. Une bonne gestion dans un climat de paix est non seulement essentielle pour la durabilité des activités agricoles, mais aussi pour la coexistence pacifique des communautés qui dépendent de ces ressources.
Aoua KAYENDE, responsable du Département Développement Promotion Humain à UFC-Dori, a mis en lumière l'importance de partager des techniques de conservation innovantes pour des produits agricoles tels que la tomate et le persil. Grâce à l'utilisation de matériaux locaux et à l'absence d'additifs chimiques, ces méthodes offrent des solutions durables et efficaces pour les producteurs qui rencontrent des difficultés d'écoulement de leurs récoltes. Selon elle, la capacité de conserver ces denrées permettra aux producteurs de faire face aux défis logistiques causés par la situation sécuritaire, rendant ainsi leur activité plus soutenable et leur permettant de mieux gérer leurs ressources en période de crise.
Ce cadre de concertation s’inscrit dans le cadre du Programme Triennal de Développement Rural Intégré (PDRI), dont l’objectif est de contribuer à l’amélioration des conditions de vie des producteurs et des personnes vulnérables, tout en avançant vers des objectifs de paix et de développement durable. La communication présentée par SANOU Jean de la Croix, agent de la direction régionale de l’agriculture, a mis en exergue l'indissociabilité entre la paix et le développement de la production maraîchère, confirmant la nécessité d’un environnement sécurisé pour assurer la continuité des activités agricoles.
La 20ème édition des Journées du Maraîcher du Sahel et le cadre de concertation qui l’accompagne témoignent de l'engagement de l'UFC-Dori à soutenir les producteurs et à promouvoir des pratiques agricoles durables. Cette initiative est une étape clé vers la résilience des communautés face aux défis du Sahel, tout en renforçant les liens de paix et de collaboration.
Diallo Abdoulaye Yourou
Chargé de communication Projet
Du 6 au 9 mars 2025, la ville de Dori a vibré au rythme de la 20ᵉ édition des Journées du Maraîcher du Sahel (JMS) organisé par l’Union Fraternelle des Croyants de Dori. Cet évènement marquant deux décennies d’efforts ininterrompus malgré le contexte d’insécurité s’est tenu sous le thème : « Les Journées du Maraicher du Sahel, 20 ans d’efforts pour la paix et le développement Locales ». Placées sous le parrainage du Ministre d’État, Ministre de l'Agriculture des ressources animales et halieutiques, représenté par son directeur régional du Sahel, ces journées ont vu la présence des autorités administratives locales, des leaders religieux et communautaires des représentants d’associations et ONG, et des producteurs maraichers.
La cérémonie d’ouverture marquée par des prestations artistiques et des discours engagés a été présidée par Adama KOUSSOUBE, Haut-Commissaire de la province du Yagha, représentant le gouverneur de la région du Sahel. Dans son allocution, il a salué l’initiative des JMS qui sont bien plus qu’une foire agricole, mais un pilier pour une résilience collective et des efforts pour garantir la sécurité alimentaire et la stabilité de la région du Sahel. « Je salue UFC-Dori, qui consacre une tribune, un tremplin pour faire la promotion des produits du maraichage qui contribuent énormément à l’autosuffisance alimentaire et à relever le niveau économique de vie des producteurs PDIs. Certes l’organisation est réussie, mais il y a des défis, ce sont essentiellement les défis dans le domaine de recouvrer davantage de domaine pour produire encore au profit des PDIs. Un appel est lancé à tous les partenaires qui peuvent accompagner UFC-Dori à la promotion de ces journées et à trouver plus d’espace pour ces PDIs » a-t-il mentionné.
Quant à François Paul RAMDE, Coordonnateur de UFC-Dori, il a tenu à rappeler que les JMS incarnent depuis 2006 un espoir tangible pour les communautés rurales. Malgré l’accès limité aux terres agricoles, les maraîchers ont maintenu leurs activités, soutenus par des partenaires tels que MISEREOR et KZE. Cette édition a permis de dresser un bilan des réalisations passées à savoir l’amélioration des revenus, la promotion de techniques innovantes (comme la culture hors sol), et le renforcement de la cohésion sociale. « Elle est ponctuée des activités phares au service des producteurs à savoir entre autres la foire d’exposition-vente qui a été le cœur battant de l’événement, offrant aux producteurs une vitrine pour leurs récoltes et facilitant des partenariats commerciaux ; le Cadre de Concertation des Producteurs (CaCoPro) qui a permis aux producteurs d’échanger sur les innovations agricoles et sur les questions de paix et de cohésion sociale » a-t-il déclaré.
Timothée TINDANO, représentant des producteurs et PDI à Dori, affirme que le maraicher culture est un travail difficile, mais c’est un métier porteur. « Avec les efforts consentis, nous nous en sortons toujours. A titre illustratif, nous avons récolté quatre tonnes de fruits et légumes reparties entre la pomme de terre, la tomate, l’oignon, l’aubergine, la papaye, que nous avons écoulée durant ces trois jours d’expositions ». « Grâce aux JMS, nous avons appris à cultiver autrement, à vendre nos produits à de meilleurs prix et à croire en l’avenir. Même sous la menace, nous restons debout. Ces journées sont notre fierté et notre bouclier contre le désespoir » témoigne le représentant des producteurs.
Cette 20e édition s’est close autour du concours du meilleur groupement maraîcher, à l’issue duquel tous les groupements maraichers ont été récompensés pour leur résilience et leur adoption de pratiques durables, lors d’une cérémonie empreinte d’émotion.
Ces Journées du Maraicher du Sahel sont un véritable symbole de résistance malgré l’adversité, l’union des communautés et l’innovation agricole restent des leviers essentiels pour bâtir un avenir durable et un Sahel plus résilient.
Fatimata Amadou TRAORE,
Chargée de Communication
Du 17 au 21 février 2025, le Global Community Engagement and Resilience Fund (GCERF) a organisé à Nouakchott en Mauritanie une Communauté de Pratiques Régionale. Ce cadre a réuni les différentes organisations de la société civile bénéficiaires de financements du GCERF en Mauritanie, Mali, Niger, du Tchad et du Burkina Faso en vue de partager leurs expériences de la mise en œuvre de leurs programmes de Prévention de l'extrémisme violent (PEV).
Pour cette Communauté de Pratiques Régionale Sahélienne (RCoP), le Fonds mondial pour l'engagement communautaire et la résilience (GCERF) a organisé la première édition du Prix de la Communauté de Pratiques Régionale Sahélienne. Ainsi, cinq (05) Prix ont été décernés à savoir : le Prix Durabilité, le Prix Genre, le Prix Gestion de Consortium, le Prix Suivi et Evaluation et le Prix Innovation. Ces prix ont été par GCERF pour honorer ses partenaires qui se sont distingués par la qualité de leur travail.
Pour la catégorie Innovation dont l'objectif était d'honorer "les partenaires de GCERF ayant introduit des idées, des technologies ou méthodologies innovantes ayant conduit à des avancées significatives dans la PEV - particulièrement celles qui peuvent se répliquer et sont originales et créatives", c'est Union Fraternelle des Croyants (UFC-Dori) qui a remporté le prix grâce à l'expérience ERAP (Enseignement Religieux jumelé à l'Apprentissage Professionnel) du Projet PREVENIR. Le projet PREVENIR financé par le GCERF, dans son axe renforcement de la résilience économique des groupes vulnérables (jeunes et femmes), a mis en œuvre l'ERAP qui consiste à placer des apprenants de foyers coraniques à combiner apprentissage coranique et formation professionnelle. Pour ce projet PREVENIR, ce sont 100 jeunes issus de foyers coraniques et en situation de rue des régions du Sahel et du Nord du Burkina Faso qui ont bénéficié de cette expérience, dont l'objectif est de renforcer leur résilience face à l'extrémisme violent et autres fléaux.
Les 08 et 09 février 2025, le Centre Dudal Jam de Dori a vibré au rythme des Journées des Communautés du Sahel. Cet événement, organisé sous le thème « La paix par la culture : l’interculturalité pour renforcer l’harmonie communautaire dans la région du Sahel », s'inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Maîtrise inclusive et participative des terres et de l'eau pour la paix » (Jam'Borders), et vise à favoriser le dialogue entre les communautés vivant au Sahel et à renforcer le vivre-ensemble dans la région.
La première journée a commencé par un thé-débat, un moment d'échanges enrichissants entre divers acteurs socioculturels de la région. Parmi les principaux animateurs de ce thé-débat figuraient l'Émir du Yagha, Boureima LY, et Hama Boureima DICKO reconnu comme Trésor Humain Vivant de la région du Sahel. Ils ont mis en lumière l'importance des valeurs culturelles comme moteur de la cohésion sociale, évoquant notamment le mariage intercommunautaire, les classes socio-culturelles et les spécificités culturelles propres à chaque groupe.
D'autres représentants de la société, comme les griots et les forgerons, ont également participé au thé-débat pour parler de leurs rôles historiques dans la transmission des valeurs et dans la préservation de la paix sociale.
Le clou de l’évènement fut sans conteste le défilé des communautés invitées, haut en couleurs et célébrant la diversité, chacune arborant des tenues traditionnelles. Accompagnés de musique et avec des pas de danse typiques, les représentants des diverses communautés ont offert un moment de partage et d'expression culturelle sous les yeux admiratifs des autorités administratives, religieuses et coutumières.
La journée s'est poursuivie avec une exposition de mets traditionnel, mettant en valeur les richesses gastronomiques des différentes communautés. Un repas communautaire a ensuite rassemblé des participants et invités autour de mets et de boissons traditionnels, offrant ainsi un instant de convivialité et de partage.
Selon le Coordonnateur de l'Union Fraternelle des Croyants de Dori, François Paul RAMDE, cette initiative est une opportunité unique de brassage culturel. Il souligne que ce qui est recherché par ces journées des communautés c’est la paix. « Nous sommes convaincus que lorsqu’on assure une certaine proximité entre les groupes socioculturelles, on lutte contre la stigmatisation qui est malheureusement utilisée par les personnes qui ne veulent pas qu’on s’entende », a-t-il affirmé.
Quant au Gouverneur de la région du Sahel, Abdoul Karim ZONGO, parrain de cette édition, il a insisté sur l'importance de cet événement en déclarant : « Cette journée permet aux communautés de se frotter et de prôner la cohésion sociale ».
En guise de conclusion, une foire marchande a été organisée lors de la deuxième journée, permettant aux artisans et commerçants de valoriser leur savoir-faire et de tisser des liens économiques entre les différentes communautés.
Il est à noter que cette édition était la dernière d'une série de quatre journées des communautés organisées dans le cadre du projet Jam'Borders, financé par le Ministère des Affaires Étrangères d'Allemagne, à travers la Fondation PATRIP et la KfW.
Ces Journées des Communautés du Sahel ont, encore une fois, prouvé leur pertinence dans la promotion de la paix et du dialogue interculturel, confirmant l'importance d'un engagement collectif pour un Sahel uni et apaisé.
Diallo Y. Abdoulaye
Chargé de communication Projet
