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Du 6 au 9 mars 2025, l'Union Fraternelle des Croyants de Dori (UFC-Dori) a organisé la 20ème édition des Journées du Maraîcher du Sahel, un événement phare qui a réuni des producteurs, des acteurs du développement et des responsables communautaires au sein de son centre social à Dori. Cette rencontre a été l’occasion d’un important cadre de concertation visant à réfléchir collectivement sur la résilience des communautés du Sahel dans un contexte d’insécurité croissante.
Le Cadre de concertation entre producteurs (CaCoPro) a permis de dévoiler des méthodes innovantes de conservation de produits agricoles, notamment la tomate et le persil, sans recourir à des additifs chimiques. Ces techniques, élaborées avec des matériaux locaux, offrent des solutions aux producteurs souvent confrontés à des difficultés d'écoulement de leurs récoltes périssables, exacerbées par la conjoncture sécuritaire actuelle.
M. Sanou, communicateur du jour, a souligné l'importance d’inscrire toutes les initiatives dans une démarche de promotion de la paix et de cohésion sociale. Selon lui, "il n’y a point de développement sans paix", et il est primordial que les producteurs comprennent et adoptent cette vision dans leur travail quotidien.
Les ressources naturelles, telles que les terres et l’eau, sont au cœur des activités agricoles. Diallo Sita, responsable du volet "Accompagnement du Monde Rural" à l'UFC-Dori, a évoqué l'importance de la gestion collaborative de ces ressources. Une bonne gestion dans un climat de paix est non seulement essentielle pour la durabilité des activités agricoles, mais aussi pour la coexistence pacifique des communautés qui dépendent de ces ressources.
Aoua KAYENDE, responsable du Département Développement Promotion Humain à UFC-Dori, a mis en lumière l'importance de partager des techniques de conservation innovantes pour des produits agricoles tels que la tomate et le persil. Grâce à l'utilisation de matériaux locaux et à l'absence d'additifs chimiques, ces méthodes offrent des solutions durables et efficaces pour les producteurs qui rencontrent des difficultés d'écoulement de leurs récoltes. Selon elle, la capacité de conserver ces denrées permettra aux producteurs de faire face aux défis logistiques causés par la situation sécuritaire, rendant ainsi leur activité plus soutenable et leur permettant de mieux gérer leurs ressources en période de crise.
Ce cadre de concertation s’inscrit dans le cadre du Programme Triennal de Développement Rural Intégré (PDRI), dont l’objectif est de contribuer à l’amélioration des conditions de vie des producteurs et des personnes vulnérables, tout en avançant vers des objectifs de paix et de développement durable. La communication présentée par SANOU Jean de la Croix, agent de la direction régionale de l’agriculture, a mis en exergue l'indissociabilité entre la paix et le développement de la production maraîchère, confirmant la nécessité d’un environnement sécurisé pour assurer la continuité des activités agricoles.
La 20ème édition des Journées du Maraîcher du Sahel et le cadre de concertation qui l’accompagne témoignent de l'engagement de l'UFC-Dori à soutenir les producteurs et à promouvoir des pratiques agricoles durables. Cette initiative est une étape clé vers la résilience des communautés face aux défis du Sahel, tout en renforçant les liens de paix et de collaboration.
Diallo Abdoulaye Yourou
Chargé de communication Projet
Du 6 au 9 mars 2025, la ville de Dori a vibré au rythme de la 20ᵉ édition des Journées du Maraîcher du Sahel (JMS) organisé par l’Union Fraternelle des Croyants de Dori. Cet évènement marquant deux décennies d’efforts ininterrompus malgré le contexte d’insécurité s’est tenu sous le thème : « Les Journées du Maraicher du Sahel, 20 ans d’efforts pour la paix et le développement Locales ». Placées sous le parrainage du Ministre d’État, Ministre de l'Agriculture des ressources animales et halieutiques, représenté par son directeur régional du Sahel, ces journées ont vu la présence des autorités administratives locales, des leaders religieux et communautaires des représentants d’associations et ONG, et des producteurs maraichers.
La cérémonie d’ouverture marquée par des prestations artistiques et des discours engagés a été présidée par Adama KOUSSOUBE, Haut-Commissaire de la province du Yagha, représentant le gouverneur de la région du Sahel. Dans son allocution, il a salué l’initiative des JMS qui sont bien plus qu’une foire agricole, mais un pilier pour une résilience collective et des efforts pour garantir la sécurité alimentaire et la stabilité de la région du Sahel. « Je salue UFC-Dori, qui consacre une tribune, un tremplin pour faire la promotion des produits du maraichage qui contribuent énormément à l’autosuffisance alimentaire et à relever le niveau économique de vie des producteurs PDIs. Certes l’organisation est réussie, mais il y a des défis, ce sont essentiellement les défis dans le domaine de recouvrer davantage de domaine pour produire encore au profit des PDIs. Un appel est lancé à tous les partenaires qui peuvent accompagner UFC-Dori à la promotion de ces journées et à trouver plus d’espace pour ces PDIs » a-t-il mentionné.
Quant à François Paul RAMDE, Coordonnateur de UFC-Dori, il a tenu à rappeler que les JMS incarnent depuis 2006 un espoir tangible pour les communautés rurales. Malgré l’accès limité aux terres agricoles, les maraîchers ont maintenu leurs activités, soutenus par des partenaires tels que MISEREOR et KZE. Cette édition a permis de dresser un bilan des réalisations passées à savoir l’amélioration des revenus, la promotion de techniques innovantes (comme la culture hors sol), et le renforcement de la cohésion sociale. « Elle est ponctuée des activités phares au service des producteurs à savoir entre autres la foire d’exposition-vente qui a été le cœur battant de l’événement, offrant aux producteurs une vitrine pour leurs récoltes et facilitant des partenariats commerciaux ; le Cadre de Concertation des Producteurs (CaCoPro) qui a permis aux producteurs d’échanger sur les innovations agricoles et sur les questions de paix et de cohésion sociale » a-t-il déclaré.
Timothée TINDANO, représentant des producteurs et PDI à Dori, affirme que le maraicher culture est un travail difficile, mais c’est un métier porteur. « Avec les efforts consentis, nous nous en sortons toujours. A titre illustratif, nous avons récolté quatre tonnes de fruits et légumes reparties entre la pomme de terre, la tomate, l’oignon, l’aubergine, la papaye, que nous avons écoulée durant ces trois jours d’expositions ». « Grâce aux JMS, nous avons appris à cultiver autrement, à vendre nos produits à de meilleurs prix et à croire en l’avenir. Même sous la menace, nous restons debout. Ces journées sont notre fierté et notre bouclier contre le désespoir » témoigne le représentant des producteurs.
Cette 20e édition s’est close autour du concours du meilleur groupement maraîcher, à l’issue duquel tous les groupements maraichers ont été récompensés pour leur résilience et leur adoption de pratiques durables, lors d’une cérémonie empreinte d’émotion.
Ces Journées du Maraicher du Sahel sont un véritable symbole de résistance malgré l’adversité, l’union des communautés et l’innovation agricole restent des leviers essentiels pour bâtir un avenir durable et un Sahel plus résilient.
Fatimata Amadou TRAORE,
Chargée de Communication
Du 17 au 21 février 2025, le Global Community Engagement and Resilience Fund (GCERF) a organisé à Nouakchott en Mauritanie une Communauté de Pratiques Régionale. Ce cadre a réuni les différentes organisations de la société civile bénéficiaires de financements du GCERF en Mauritanie, Mali, Niger, du Tchad et du Burkina Faso en vue de partager leurs expériences de la mise en œuvre de leurs programmes de Prévention de l'extrémisme violent (PEV).
Pour cette Communauté de Pratiques Régionale Sahélienne (RCoP), le Fonds mondial pour l'engagement communautaire et la résilience (GCERF) a organisé la première édition du Prix de la Communauté de Pratiques Régionale Sahélienne. Ainsi, cinq (05) Prix ont été décernés à savoir : le Prix Durabilité, le Prix Genre, le Prix Gestion de Consortium, le Prix Suivi et Evaluation et le Prix Innovation. Ces prix ont été par GCERF pour honorer ses partenaires qui se sont distingués par la qualité de leur travail.
Pour la catégorie Innovation dont l'objectif était d'honorer "les partenaires de GCERF ayant introduit des idées, des technologies ou méthodologies innovantes ayant conduit à des avancées significatives dans la PEV - particulièrement celles qui peuvent se répliquer et sont originales et créatives", c'est Union Fraternelle des Croyants (UFC-Dori) qui a remporté le prix grâce à l'expérience ERAP (Enseignement Religieux jumelé à l'Apprentissage Professionnel) du Projet PREVENIR. Le projet PREVENIR financé par le GCERF, dans son axe renforcement de la résilience économique des groupes vulnérables (jeunes et femmes), a mis en œuvre l'ERAP qui consiste à placer des apprenants de foyers coraniques à combiner apprentissage coranique et formation professionnelle. Pour ce projet PREVENIR, ce sont 100 jeunes issus de foyers coraniques et en situation de rue des régions du Sahel et du Nord du Burkina Faso qui ont bénéficié de cette expérience, dont l'objectif est de renforcer leur résilience face à l'extrémisme violent et autres fléaux.
Les 08 et 09 février 2025, le Centre Dudal Jam de Dori a vibré au rythme des Journées des Communautés du Sahel. Cet événement, organisé sous le thème « La paix par la culture : l’interculturalité pour renforcer l’harmonie communautaire dans la région du Sahel », s'inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Maîtrise inclusive et participative des terres et de l'eau pour la paix » (Jam'Borders), et vise à favoriser le dialogue entre les communautés vivant au Sahel et à renforcer le vivre-ensemble dans la région.
La première journée a commencé par un thé-débat, un moment d'échanges enrichissants entre divers acteurs socioculturels de la région. Parmi les principaux animateurs de ce thé-débat figuraient l'Émir du Yagha, Boureima LY, et Hama Boureima DICKO reconnu comme Trésor Humain Vivant de la région du Sahel. Ils ont mis en lumière l'importance des valeurs culturelles comme moteur de la cohésion sociale, évoquant notamment le mariage intercommunautaire, les classes socio-culturelles et les spécificités culturelles propres à chaque groupe.
D'autres représentants de la société, comme les griots et les forgerons, ont également participé au thé-débat pour parler de leurs rôles historiques dans la transmission des valeurs et dans la préservation de la paix sociale.
Le clou de l’évènement fut sans conteste le défilé des communautés invitées, haut en couleurs et célébrant la diversité, chacune arborant des tenues traditionnelles. Accompagnés de musique et avec des pas de danse typiques, les représentants des diverses communautés ont offert un moment de partage et d'expression culturelle sous les yeux admiratifs des autorités administratives, religieuses et coutumières.
La journée s'est poursuivie avec une exposition de mets traditionnel, mettant en valeur les richesses gastronomiques des différentes communautés. Un repas communautaire a ensuite rassemblé des participants et invités autour de mets et de boissons traditionnels, offrant ainsi un instant de convivialité et de partage.
Selon le Coordonnateur de l'Union Fraternelle des Croyants de Dori, François Paul RAMDE, cette initiative est une opportunité unique de brassage culturel. Il souligne que ce qui est recherché par ces journées des communautés c’est la paix. « Nous sommes convaincus que lorsqu’on assure une certaine proximité entre les groupes socioculturelles, on lutte contre la stigmatisation qui est malheureusement utilisée par les personnes qui ne veulent pas qu’on s’entende », a-t-il affirmé.
Quant au Gouverneur de la région du Sahel, Abdoul Karim ZONGO, parrain de cette édition, il a insisté sur l'importance de cet événement en déclarant : « Cette journée permet aux communautés de se frotter et de prôner la cohésion sociale ».
En guise de conclusion, une foire marchande a été organisée lors de la deuxième journée, permettant aux artisans et commerçants de valoriser leur savoir-faire et de tisser des liens économiques entre les différentes communautés.
Il est à noter que cette édition était la dernière d'une série de quatre journées des communautés organisées dans le cadre du projet Jam'Borders, financé par le Ministère des Affaires Étrangères d'Allemagne, à travers la Fondation PATRIP et la KfW.
Ces Journées des Communautés du Sahel ont, encore une fois, prouvé leur pertinence dans la promotion de la paix et du dialogue interculturel, confirmant l'importance d'un engagement collectif pour un Sahel uni et apaisé.
Diallo Y. Abdoulaye
Chargé de communication Projet
A Dori, le 07 février 2025, le Centre pour la Paix Dudal Jam a accueilli un cadre de concertation des acteurs transfrontaliers pour le compte du projet « Maîtrise inclusive et participative des terres et de l’eau pour la paix », en abrégé Jam’Borders. Cette rencontre, la dernière d’une série de quatre, vise à diagnostiquer les problématiques majeures en lien avec la coopération transfrontalière dans les communes bénéficiaires du projet.
La principale communication, assurée par le Secrétariat Permanent de la commission Nationale des Frontières, a porté sur les défis de la coopération transfrontalière. Les discussions ont mis en lumière les multiples enjeux de la coopération transfrontalière, notamment en matière de sécurité, de gestion des ressources naturelles, de transhumance et d’accès aux services sociaux de base. Madame Salimata DABAL, Secrétaire Permanent de la Commission Nationale des Frontières, a souligné que la gestion des frontières ne peut se faire sans une coopération étroite entre les communautés riveraines. « Aujourd’hui plus que jamais la question de la coopération transfrontalière est au cœur de la gestion des frontières. Nous partageons des frontières avec des pays voisins et il va de soi que de part et d’autre de la frontière que les acteurs puissent s’assoir échanger pour améliorer le vivre ensemble de nos populations aux frontières », a-t-elle déclaré.
Le Coordonnateur de l’Union Fraternelle des Croyants de Dori, François Paul RAMDE a insisté sur l’importance de ces rencontres, qui permettent aux acteurs locaux de discuter directement des problèmes pressants. « Sans ce cadre de concertation, certaines préoccupations urgentes n’auraient peut-être jamais été abordées », a-t-il ajouté.
Le Gouverneur de la région du Sahel, Abdoul Karim ZONGO, intervenant à son tour, a appelé à dépasser les frontières administratives. Il a exhorté les services techniques déconcentrés de l’État à privilégier une approche inclusive, mettant en avant l’unité des populations au-delà des frontières administratives. « Dans ce que vous êtes amené à faire comme travail, accompagner les populations qui sont au niveau des frontières sans dire qu’un tel est ‘’Burkinabé’’, un tel est ‘’Malien’’, un tel est ‘’Nigérien’’ », a-t-il plaidé.
Face aux défis sécuritaires et socioéconomiques qui pèsent sur les populations transfrontalières, ce cadre de concertation a permis de dégager des pistes de solution et de formuler des recommandations pour une meilleure gestion des ressources et une coopération renforcée entre les acteurs locaux et les autorités.
Pour rappel, le projet Jam’Borders, financé par le Ministère des Affaires Étrangères d’Allemagne, à travers la Fondation PATRIP et la KfW, vise à promouvoir une gouvernance inclusive des terres et de l’eau, dans une perspective de paix et de cohésion sociale. Au sortir de cette série de cadre concertations, les acteurs espèrent que les discussions amorcées se traduiront en actions concrètes pour améliorer les conditions de vie des communautés transfrontalières.
Diallo Y. Abdoulaye
Chargé de Communication projet
