La parenté à plaisanterie pour exorciser la douleur
En rappel, le Jeudi 10 Septembre 2015, Emile BOUGMA perdait sa vie à Ouagadougou aux environs de 23H30mns GMT par suite de longue maladie. Dès lors, parents, proches, collaborateurs de partout au Burkina s’attelaient à donner au défunt une inhumation digne de l’Homme.
L’arrivée de la dépouille mortuaire à Dori le 11/09/2015 a été marquée par un épisode de parenté à plaisanterie. Sous la contrainte de la communauté GOURMANTCHE, le cortège funèbre a dû s’arrêter à l’entrée de la ville de Dori. La communauté Gourmantché a exigé aux fils et filles du défunt qui sont de la communauté YADEGA, le payement d’une somme forfaitaire pour avoir la permission de rentrer dans la ville. Ces moments ont été des moments de témoigner encore une fois de plus de l’enracinement de la parenté à plaisanterie dans nos contrées, contribuant ainsi à un enracinement de la fraternité interculturelle pour la paix.
L’Aurevoir des communautés musulmane et catholique de Dori
Après l’épisode avec les parents à plaisanterie des YADEGA, le second acte fut l’arrêt du cortège funèbre à la grande mosquée de Dori. Le grand imam de Dori, El Hadj Mahamoudou Yaya CISSE, a prodigué des bénédictions et fait des prières pour le repos de l’âme du défunt. En rappel, le défunt était le dernier survivant de la première équipe de l’Union Fraternelle des Croyants de Dori.
Après les prières de la communauté musulmane, le cortège a accueilli à la cathédrale de Dori pour une autre séance de prière avant le transfert du corps au domicile du défunt. L’accueil à la cathédrale a été en présence de l’Evêque de Dori, Mgr Laurent DABIRE.
La messe d’inhumation et l’absoute
Le samedi 12/06/2015 étant consacré à la messe et à l’inhumation du corps, l’église de Dori a refusé du monde et on a noté encore une fois la présence de la communauté musulmane avec à sa tête le Grand Iman venu compatir à la douleur commune.
La messe a été dite par le curé de la cathédrale, l’abbé Jérémy KAMBOUELE et l’absoute a été faite par l’abbé Jules NIKIEMA, premier prêtre du diocèse, un de ses fils adoptif.
Qui était Papa Emile BOUGMA ?
Papa Emile était né le 12 novembre 1936 à Bam de Julien BOUGMA et de Joséphine SAWADOGO. Il a suivi les cours primaires jusqu’en classe de CM2. Après avoir suspendu ses études scolaires, il s’était investi dans le tissage, la pêche et les travaux agricoles puis s’était rendu en Côte D’Ivoire où il avait travaillé comme contremaître. Il avait consentit son 1er mariage le 1er juin 1961avec OUEDRAOGO Anastasie, avec qui ils eurent 10 enfants dont 4 garçons. Avec le décès de cette dernière épouse le 16 décembre 1982, il contractait un second mariage le 24 décembre 1985 avec OUEDRAOGO Laurentine avec qui ils eurent 06 enfants dont 5 filles.
De 1965- 1967, papa Emile a travaillé à Kaya comme pompiste à la station Total. De là, il fut envoyé à Dori pour gérer une station d’essence. De 1967 à 2011, il était gérant de station d’essence ici à Dori. Le 06 mars 2011, il fut contraint d’arrêter ses activités et son état de santé ne cessa de se dégrader.
Il était le dernier survivant des membres fondateurs de l’UFC-Dori et y siégeait au conseil d’Administration comme Administrateur de droit.
Le 10 septembre 2015, aux environs de 23h30, il quittait ce monde à l’âge de 78 ans 10 mois. Il laisse après lui une veuve, 16 enfants, 36 petits fils et 03 arrières petits fils.






